Pour te perdre un peu moins

« Pour te perdre un peu moins » fait partie de ces romans de la rentrée littéraire qui ont beaucoup fait parler d’eux sur la blogosphère. Ce titre ne m’attirait pas plus que ça à première vue, je ne me serais jamais tournée vers lui en librairie mais à force de lire des avis très positifs, j’ai eu envie de le découvrir à mon tour. Et ça tombe bien, car j’ai pu le recevoir en service presse! Après ma lecture qui fut un véritable coup de coeur, je comprends l’engouement totalement justifié que suscite ce livre. Ce roman, si magnifiquement écrit, mériterait d’être encore plus connu. Critique.

Merci aux éditions Plon et à Netgalley pour cette lecture.

L’histoire

 Lui, elle, une histoire universelle. Elle s’en va, il la rêve.

Un garçon, une fille, une histoire universelle. Ils s’aiment, se déchirent, elle s’en va. Lui s’écroule. La jeunesse et l’innocence avec. Un roman qui frappe, âpre, enlevé, emporté, qui ne s’oublie pas. Une signature, une écriture, une voix, une époque, une génération.

 » Pendant un temps, tout reste normal. On saute et on rebondit, on s’élance et on atterrit, pourtant la fin est proche, très proche. Lorsqu’on en prend conscience, qu’on réalise que l’on ne saute plus aussi haut qu’avant et qu’on peine à atteindre les sommets que l’on caressait du bout des doigts en se hissant sur la pointe des pieds, il est déjà trop tard. Le fil se détache, et il faudrait courir s’agripper là où on le peut, mais on ne le fait pas, et on s’élance, certain que tout va rentrer dans l’ordre. La chute n’en est que plus douloureuse. Mort d’inquiétude à l’idée de heurter le sol qui, seconde après seconde, se rapproche, on hurle, on se débat, et plein d’espoir, on attrape le fil encore pendu à notre coeur, mais ce fil, ah ! ce fil, il n’est plus relié à rien. « 

Mon avis

Martin Diwo est un véritable poète des temps modernes. Un écrivain à part, au ton terriblement sensible et actuel. Ce jeune auteur de 26 ans a réussi à mettre des mots sur ce que l’on ressent au plus profond de nous, sur ces sentiments qui nous déchirent de l’intérieur et nous précipitent vers l’abîme. Il a réussi à nous livrer un roman sensible et magnifiquement ciselé sur la rupture, une véritable oeuvre coup de poing et coup de coeur. La rupture d’une relation que l’on pensait éternelle, c’est un drame que presque tout le monde a dû ou devra affronter. C’est un drame ordinaire sur lequel il met pourtant de très jolis mots, des mots qui viennent du fin fond de lui et qui nous semblent pourtant directement adressés.

« Pour te perdre un peu moins », c’est l’histoire de Lui et Elle. Une histoire comme tant d’autres, une histoire d’amour magique, un premier vrai amour, une belle complémentarité entre deux êtres. Mais cette histoire se finit et c’est là que commence notre roman… Mais peut-on vraiment parler de roman? Il s’agit plutôt d’un cri, un cri d’amour déchirant et vrai, c’est la voix unique et singulière d’un laissé pour compte de l’amour qui résonne à nos oreilles. Cette voix, c’est la sienne mais c’est aussi la vôtre, et celle de chaque autre personne ayant vécu la fin d’une histoire d’amour. Martin Diwo exprime d’une façon très intime des sentiments pourtant universels. Son ton est brut, déprimé parfois, c’est celui du malheur et de la nostalgie. Par son écriture cynique qui ne manque pas de mordant, l’auteur m’a rappelé le chanteur et parolier Saez. Ils ont tous deux en commun d’être des poètes maudits de notre époque et de n’être jamais lisses. Ils n’utilisent pas de rimes mais le fin fond de leurs tripes pour traduire leurs émotions et leurs fêlures par des mots parfois dérangeants mais si justes.

En résumé

J’ai donc eu un véritable coup de coeur pour ce livre, qui est pour moi une des perles de cette rentrée littéraire, mais surtout pour le style d’écriture de l’auteur qui m’a vraiment bouleversée. Martin Diwo crée une alternance permanente et fascinante entre le début et la fin de l’histoire d’amour, entre le beau et le tragique, entre l’avant et l’après. Dans ce récit intelligemment construit, il nous livre une belle plongée dans les pensées du personnage principal, un homme blessé dont la douleur sonne tellement juste à nos oreilles. Ce n’est pas un roman où l’intrigue est omniprésente, où les rebondissements surviennent à chaque page et peut-être risquez-vous de vous ennuyer à sa lecture. Mais vous ne devez pas passer à côté de cette histoire d’amour à l’envers, écrite avec cynisme et une pointe d’espoir, qui vous retournera. Vous ne devez pas passer à côté de cette introspection si juste et vraie, et vous assisterez ainsi à la naissance d’un grand auteur. « Pour te perdre un peu moins », c’est un roman magnifiquement ciselé dont la beauté du texte est sans pareille. C’est un cri d’amour, un cri de douleur, un cri d’espoir, un cri de tristesse qui vous retournera le coeur. C’est un chef d’oeuvre d’une grande poésie. A découvrir absolument. 

Plus de romans de la rentrée littéraire dans cet article : Mes envies de la rentrée littéraire 2017

Pour te perdre un peu moins, par Martin Diwo, aux éditions Plon, 2017, 17 euros 90.

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