Constance

Mon jardin littéraire et moi-même sommes toutes les deux des inconditionnelles de la maison d’éditions Charleston. C’est donc tout naturellement que pour notre deuxième lecture commune après le magnifique Juliette, nous nous sommes à nouveau tournées vers une parution de cette ME. J’en étais assez contente, car cela m’a permis de faire sortir de ma PAL le roman « Constance » de Rosie Thomas, que j’avais assez hâte de découvrir. Le résultat a été une belle lecture, tout en émotions, mais pas un coup de coeur non plus. Critique.

L’histoire

Très loin de son Angleterre natale – et d’un chagrin d’amour auquel elle ne pourra jamais vraiment échapper –, Constance s’est créé une nouvelle vie à Bali, dans un endroit idyllique à la végétation luxuriante. Mais lorsqu’elle reçoit un appel de sa soeur Jeanette, mourante, elle se doit de retourner à Londres. Pourtant les sentiments qui les lient ne sont pas des plus simples. L’une était ténébreuse, l’autre, un véritable soleil. Jusqu’à ce qu’elles tombent amoureuses du même homme…

Avec l’amertume de la trahison entre elles, les deux soeurs doivent apprendre à se pardonner. Pourront-elles retrouver les liens partagés lors de leur enfance et dépasser les mensonges ?

Mon avis

« Constance » est un très beau roman qui évoque le thème du pardon et de la rédemption. Cette histoire, c’est avant tout celle de deux soeurs,  aux rapports conflictuels depuis toujours, qui vont enfin se retrouver lorsque l’une d’elles est rongée par la maladie.  Il s’agit donc d’une belle histoire de famille comme je les aime, une saga familiale sensible comme les éditions Charleston savent si bien en proposer.

Cette histoire n’est pas la plus palpitante du monde : si j’étais chaque jour contente de poursuivre ma lecture et de reprendre là où je m’étais arrêtée la veille, on ne peut pas dire pour autant que je trépignais de connaître la suite. C’est un récit plutôt lent, où l’accent est mis non pas sur l’action mais sur les sentiments. Beaucoup de flash backs nous permettent de découvrir pourquoi la relation entre les deux soeurs s’est dégradée. Rosie Thomas nous amène tout cela avec un grand soin, elle prend le temps de construire son décor et de nous permettre de vraiment cerner les personnages. Certains pourraient être lassés par ce côté un peu contemplatif, mais ce n’est pas mon cas : j’ai beaucoup aimé ce récit intime, qui sonne juste et qui décrit les relations entre soeurs dans toute leur complexité. Même si l’accent est mis sur le personnage de Constance, je me suis attachée à chacune des deux soeurs : l‘auteure semble éprouver de l’empathie pour ses héroïnes, elle les rend très humaines et nous les fait aimer à notre tour. L’histoire d’amour est belle elle aussi, mais à mes yeux elle n’est pas centrale. Même si j’ai aimé la suivre, j’ai vraiment préféré me focaliser sur la relation entre les deux soeurs, qui est bien plus émouvante.

Amateurs de romans qui font voyager, celui-ci est fait pour vous! Rosie Thomas nous emmène sur les traces de Constance à Bali, cet endroit luxuriant et bien éloigné de la vie londonienne où elle se reconstruit. Les descriptions très soignées de cette île et son folklore m’ont totalement donné envie d’y voyager. J’aurais aimé que Bali soit encore plus présente dans le roman, car j’ai adoré apprendre des choses sur les traditions balinaises empreintes de sérénité, notamment leur vision singulière de la vie après la mort qui m’a semblé tout à fait regrettable.

Malgré ces nombreux points positifs, j’ai relevé quelques bémols qui font que cette lecture n’est pas sans défauts pour moi. Tout d’abord, il faut savoir que, parallèlement à l’histoire de Constance, une autre intrigue est développée : il s’agit de l’histoire de Roxana, jeune immigrée originaire d’Ouzbékistan et qui va bientôt entrer dans la vie de notre héroïne. Si je n’ai pas trop vu l’intérêt de cette intrigue secondaire dans une histoire qui est celle de Constance, comme le titre l’indique, j’ai plutôt apprécié cette jeune femme touchante, malgré sa naïveté qui la rend agaçante. Ca ne m’a donc pas dérangé de la suivre, d’autant plus que la plume de Rosie Thomas est très fluide et que les pages se tournent vite, mais je me suis longtemps demandée ce que cette digression apportait à l’histoire.

Ce qui m’a le plus déçu, c’est le dénouement ! Je m’attendais à être bouleversée, car j’avais senti l’émotion monter tout au long du récit, mais les moments forts sont assez vite balayés, et tout cela m’a semblé très (ou trop?) rapide, comme si l’auteure avait voulu se dépêcher de finir une histoire qui méritait pourtant que l’on s’y attarde. Elle nous propose aussi un épilogue bavard et frustrant, et laisse certaines questions liées aux personnages secondaires en suspens, dont le destin de cette Roxana, par exemple. Je n’ai donc vraiment pas compris pourquoi elle avait pris le temps de l’incruster dans son récit si ce n’était pas pour lui offrir le dénouement qu’elle méritait.

En résumé

Avec « Constance », Rosie Thomas nous offre une agréable saga familiale, où elle dépeint avec beaucoup de tendresse l’amour qui unit deux soeurs que tout oppose. Il s’agit d’un beau portrait de femmes hantées par le passé qui vont devoir apprendre à se pardonner. La thématique est très intéressante. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman tout en émotions, notamment grâce à la plume très fluide et agréable de l’auteure, qui provoque beaucoup d’attachement pour ses héroïnes.

Le cadre choisi est lui aussi aussi fascinant que dépaysant puisque l’on se retrouve plongé à Bali. J’ai adoré découvrir cette île et son folklore, c‘est un énorme plus qu’a ce roman car il m’a fait voyager et c’est quelque chose que j’adore dans une lecture. Malgré tout mon enthousiasme, j’ai relevé certains défauts comme une intrigue secondaire pas franchement nécessaire et un dénouement agaçant dans le sens où il est trop vite esquissé et laisse des questions en suspens! Malgré tout, je recommande cette lecture si vous aimez les histoires de famille où l’émotion est au rendez-vous, comme savent si bien en proposer les éditions Charleston. 

La chronique de Mon jardin littéraire : ici

Constance, par Rosie Thomas, aux éditions Charleston, 2017, 22 euros 50.

2 commentaires sur “Constance

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