Un été près du lac

Il y a environ un mois, j’ai eu la chance de gagner un concours des éditions Belfond sur Facebook, qui m’a permis de remporter « Un été près du lac » une des dernières nouveautés de leur magnifique collection Le Cercle, axée sur la littérature féminine.  Grâce à cette réception, j’ai pu participer pour la première fois il y a une semaine à leur Book Club organisé sur Facebook, qui m’a permis de débattre de cette lecture passionnante avec d’autres lectrices, et de poser quelques questions à l’auteure particulièrement adorable. Cette belle expérience restera un bon souvenir de lectrice, et elle m’a surtout permis d’avoir un autre regard de ce roman qui s’est avéré être un énorme coup de coeur! Il est temps que je vous parle de cette petite pépite.

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture. 

L’histoire

Plein de suspense et d’émotion, un drame familial à l’atmosphère digne de Daphné du Maurier, pour décrire le poids de la culpabilité, la jalousie entre sœurs et la folie de l’amour.

1935. Comme tous les ans, Lucy, Lilith et leur petite sœur Emily viennent passer l’été en famille dans leur chalet, sur les bords d’un lac du Minnesota. Mais un matin, Emily est introuvable. Qu’est-il arrivé à l’enfant de six ans ? Nul ne semble le savoir. Et alors que, fou de douleur, leur père se suicidera, Lucy, Lilith et leur mère resteront toute leur vie dans ce chalet, à attendre l’improbable retour de la petite préférée.

1999. Lucy vient de mourir, léguant le chalet et tous ses biens à sa petite nièce Justine. Un héritage qui arrive juste à temps pour la jeune femme qui doit fuir San Diego et une histoire d’amour abusive, pour mettre à l’abri ses deux filles. Mais le vieux chalet n’a rien d’une chaleureuse villégiature. La maison est isolée, bientôt prisonnière de la neige qui recouvre le Minnesota ; son seul voisin est un vieil homme bourru, probablement fou. Et alors que la jeune femme tente de transformer la lugubre bâtisse en foyer pour elle et ses filles, son aînée développe soudain une étrange obsession pour Emily, leur aïeule disparue.

Car la maison n’a pas dévoilé tous ses secrets. Là, dans les affaires laissées par Lucy, se cache un journal. Les Mémoires d’une petite fille naïve qui a laissé se dérouler un drame si terrible que, soixante ans plus tard, sa famille en porte encore la trace…

Mon avis

Je ne sais pas par où commencer pour vous parler avec justesse de ce formidable roman, si riche et fascinant! Il y aurait des tas de choses à en dire, parce qu' »Un été près du lac » explore une multitude de thèmes, tous plus interpellants les uns que les autres : les secrets de famille, le poids de la culpabilité, la rédemption, la destinée des femmes, le passage à l’adolescence mais aussi la relation fraternelle. On pourrait croire que traiter tous ces thèmes avec pertinence en les développant suffisamment est mission impossible, mais pas pour Heather Young! L’auteure, dont c’est pourtant le premier roman, manie la construction narrative comme personne et réussit à nous distiller des tas de leçons dans une histoire d’une grande force, à la fois bouleversante et profondément dérangeante.

Car il faut le dire : « Un été près du lac » n’est pas une histoire facile à lire où tout est rose : ce roman oppressant nous emmène dans une atmosphère sombre et inquiétante, dès les toutes premières pages, mais c’est pourtant fait avec tant de talent que l’on ne peut s’en détacher. Ce roman navigue intelligemment sur deux époques, à travers deux narrations: celle de Lucy, via ses Mémoires qui couche enfin sur papier la vérité sur le terrible été 1935, et celle de sa descendante Justine, qui tente d’enterrer ses démons au bord du même lac, en plein hiver glacial. Il y a pourtant un dénominateur commun : le poids du secret, qui hante chacune des filles de la famille Evans depuis près d’un siècle. Ce secret est matérialisé par le lac, cette figure fascinante qui est un personnage à part entière du roman, ce lac à la fois envoûtant et dangereux comme dans le très réussi Au fond de l’eau de Paula Hawkins. Mais la différence est qu’ici, nous sommes en plein dans la tendance du « nature writing » : le roman est écrit en laissant une grande place à une nature mystérieuse, composée par le lac mais aussi la forêt qui l’entoure, dans la région du Minnesota. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteure réussit à instaurer une ambiance si particulière, qui ne va pas seulement servir de cadre au récit, mais aura une importance dans l’histoire, pour notre plus grand plaisir.

Au coeur de ce roman, il y a une énigme : la disparition de la petite Emily, 6 ans, par une chaude journée de 1935. Si cet évènement nous tient en haleine jusqu’aux révélations finales que je n’avais pas vu venir, ce serait un tort de résumer cette merveille de roman à un simple thriller.  « Un été près du lac » est avant tout un roman qui explore le thème de l’adolescence, cet âge difficile où l’on cesse d’être une enfant. Ici, cet entre-deux est prétexte à de bien sombres évènements, dont les héroïnes porteront le poids leur vie durant. La façon dont le thème est décrit m’a rappelé le film « Virgin Suicides » de Sofia Coppola, par son atmosphère à la fois sombre et éthérée. Comme dans le film, les jeunes filles ici sont loin d’être innocentes. Vous le comprendrez très vite en lisant les confidences de Lucy, bouleversée par les changements qu’elle constate chez sa grande soeur Lilith, qui se métarphosera pour le meilleur et pour le pire. J’avoue que je n’aimerais pas rencontrer dans la vrai vie ce genre d’adolescentes de 13 ans…

Les allers-retours dans le temps contribuent à enrichir l’intrigue, et je suis passée par toutes les émotions durant ma lecture : de l’appréhension, du suspense, de la tension, de la crainte, et enfin de l’espoir grâce au dénouement très beau. Cette histoire, c’est avant tout celle de deux femmes hantées, deux femmes faibles qui, chacune à leur époque, décident de reprendre le contrôle sur leur destin. J’ai beaucoup aimé chacune des héroïnes de cette saga familiale, chaque personnage, essentiellement féminin, est très bien développé et est hanté à sa façon par le poids de son passé. Cette histoire, aussi riche et complexe soit-elle, se dévore grâce à la tension qui s’installe et qui ne vous laissera aucun répit, vous poussant à continuer de lire encore et encore.

En résumé 

Bref, pour moi, cette lecture fut un véritable coup de coeur, un roman dont je me souviendrai pour de nombreuses raisons. Pour la multitude d’émotions qu’il a suscité en moi, pour la qualité de l’univers construit par l’auteure, pour son côté aussi additif que glaçant et pour la richesse des thèmes abordés. Si vous aimez les grandes sagas familiales ou les thrillers où l’on découvre les pires atrocités sur une famille a priori ordinaire, ou encore aussi les histoires intergénérationnelles traitant de rédemption et de relations entre soeurs, ou tout simplement si vous voulez être pris dans une histoire captivante et enchanteresse, je vous conseille de foncer : « Un été près du lac » est tout ça à la fois, et bien plus encore!  Un véritable petit bijou, qui ne vous laissera pas indemne, et qui vous comblera, quels que soient vos goûts. 

Un été près du lac, par Heather Young, aux éditions Belfond, collection Le Cercle, 2017, 21 euros 50. 

5 commentaires sur “Un été près du lac

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