Aliénor, l’origine de toutes les haines

Lorsque l’auteur Aurélien Grall m’a contacté pour me proposer la lecture de son premier roman autoédité, j’ai beaucoup hésité avant d’accepter. Il faut dire que cette histoire, décrite comme « un thriller mêlant action, politique et espionnage » me sortait radicalement de ma zone de confort. Je n’étais pas sûre d’apprécier, et donc de pouvoir en livrer un avis objectif. Finalement, le résumé a titillé ma curiosité et je me suis quand même lancée dans cette lecture. Mon bilan? Un thriller glaçant mais très inégal, avec de grandes différences entre les deux parties de l’histoire. Critique.

Merci à l’auteur Aurélien Grall et à Simplement Pro pour cette lecture. 

L’histoire

Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l’arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l’Académie Aliénor d’Aquitaine. Le pensionnat d’élite est censé lui promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la misère qui l’a vue naître. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la petite prend progressivement conscience, en compagnie de ses deux amies, Jade et Clarisse, qu’elles sont promises à de beaucoup plus sombres desseins… Roman bouleversant, ALIENOR est si puissant qu’il ne vous laissera pas indemne : ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Si vous avez le cœur bien accroché, osez percer le mystère se cachant derrière les grilles de l’Académie…

L’histoire

Avant toute chose, il est très important de vous dire que cette histoire se divise en deux parties bien distinctes, qui n’ont pas grand chose à voir l’une avec l’autre. Si j’ai adoré la première partie et le concept même du roman, la deuxième partie m’a laissé de marbre.

Dès le début de l’histoire, je me suis sentie totalement happée par l’univers étrange dans lequel Aurélien Grall nous plonge. L’idée de base est à la fois simple et machiavélique : puisque les hommes de pouvoir sont tous devenus corrompus et incapables, guidés par leurs vices plutôt que par leur raison (ça se discute), l’Académie Aliénor d’Aquitaine forme en toute discrétion des manipulatrices professionnelles, capables d’agir dans l’ombre pour les plier à leur volonté. Après cette introduction percutante, nous entrons dans le vif du sujet avec la première partie qui nous emmène directement au pensionnat, lors de l’apprentissage de ces nouvelles recrues.

J’ai beaucoup aimé ce début de l’histoire, qui avait suffisamment de qualités pour me captiver. Nous suivons trois petites filles, et plus particulièrement Alexia, arrachées contre le gré à leur famille et qui tentent de comprendre ce qui se cache derrière les parcours du combattant que leur assigne leur machiavélique directrice. Les personnages sont très bien croqués d’un point de vue psychologique. J’ai senti mon coeur battre plus vite à certains moments : même si je sais que tout cela n’est que pure fiction (du moins j’espère..), je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de la compassion et même de l’inquiétude pour ces petites filles, contraintes aux pires horreurs dans un cadre idyllique. L’auteur Aurélien Grall ajoute une bonne dose de mystère à son histoire définitivement glaçante. J’ai aussi trouvé le concept très intelligent d’un point de vue philosophique : l’auteur nous montre les différents mécanismes d’endoctrinement qui sont appliqués sans en avoir l’air aux petites filles pour modifier leur personnalité, et cela fait énormément réfléchir. J’ai pensé à certains moments au livre et au film « La Vague », où un professeur d’histoire conditionne ses élèves pour qu’ils se mettent dans la peau de nazis. C’est un peu le même postulat ici, et j’ai trouvé ça tout bonnement fascinant. Bref, la tension monte de plus en plus au fur et à mesure que nos héroïnes grandissent. J’étais totalement happée, je n’avais qu’une envie : découvrir la suite.

Oui mais voilà, la suite, c’est là que ça coince : la deuxième partie nous montre les missions des jeunes filles, qui sont envoyées sur le terrain à la fin de leur entraînement. Et là, la narration change du tout au tout : l’auteur nous promène entre différentes parties du globe à un rythme effréné, sans que l’on comprenne les liens entre toutes ces histoires imbriquées car cela manque d’indications chronologiques. Nos héroïnes sont bien présentes, mais elles sont méconnaissables : outre la transformation de leur caractère qui nous sera expliquée plus tard, leur aspect psychologique n’est plus du tout développé. Je ne me suis plus du tout attachée à elles, je n’ai en vérité plus compris grand chose.. Cette nouvelle partie est beaucoup plus centrée sur l’action et le suspense, à la manière d’un James Bond. Or, je ne suis vraiment pas fan de ce type de littérature… Cela ne m’aurait pas dérangé si la psychologie des personnages était mieux travaillée, ou si le suspense était plus présent. Or, ici, j’ai  vraiment eu l’impression que tout ce qui faisait le charme du roman s’était volatilisé, comme si je lisais une autre histoire qui n’avait plus rien à voir. Lorsque l’histoire s’est refermée, j’étais donc profondément déçue. Le dénouement, certes intéressant, manquait lui aussi de développement et semblait très peu crédible.

En résumé

Je suis satisfaite d’avoir lu « Alienor », un roman au thème fascinant qui nous pousse à nous interroger sur notre société. Avec tout ce qui se passe dans le monde en ce moment, le thème de l’endoctrinement est plus que jamais d’actualité et Aurélien Grall le traite d’une façon tout à fait novatrice et pertinente. Pourtant, ce roman n’est pas du tout sans défauts : il manque énormément de cohérence entre la première partie, très psychologique, que j’ai beaucoup aimé et la suite du roman, où l’action prend le pas sur la réflexion et le développement des personnages.

Ce roman m’a paru très inégal, comme s’il s’agissait de deux histoires différentes. C’est pourquoi, si j’ai frissonné dans un premier temps et me suis sentie totalement happée par le suspense et les mystères qui se mettent en place dans ce thriller glaçant, j’ai été très déçue par la suite, où toutes ces questions restent en suspens, ou presque, malgré un dénouement intéressant. Reste que si vous êtes fans des films de James Bond et que vous souhaitez découvrir un roman d’espionnage qui sort des sentiers battus, « Alienor, l’origine de toutes les haines » pourrait vous séduire. Pour ma part, le bilan est plus mitigé mais cette lecture aura eu le mérite de me faire sortir des sentiers battus.

Aliénor, l’origine de toutes les haines, par Aurélien Grall, autoédité, 2016, 12 euros et 5 euros en e-book. 

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