Seuls les enfants savent aimer

Je connaissais bien évidemment Cali de nom en tant que chanteur et j’avais même déjà eu l’occasion de le voir en concert au Ronquières Festival, mais j’avoue que je n’avais jamais écouté sa musique. Ce n’est donc pas pour cette raison que j’ai été attirée par son premier roman qui vient de paraître. J’ai plutôt été séduite par les très bonnes critiques que j’avais eu l’occasion de lire de la part de blogueuses l’ayant lu en avant-première. On décrivait ce roman comme une autofiction bouleversante, et c’est justement un genre que j’affectionne beaucoup après mon coup de coeur pour « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Bref, j’ai eu très envie de lire ce roman, et j’ai sauté sur l’occasion lorsque j’ai appris que l’auteur serait présent en dédicace à la librairie Filigranes de Bruxelles ! J’ai donc lu ce livre avant de me rendre ce samedi à cette rencontre très intéressante, et j’ai découvert une personne authentique, accessible et sympathique malgré son succès en tant que chanteur. Il me reste maintenant à vous parler de son livre, qui fut effectivement une lecture assez touchante même si je n’ai pas eu de coup de coeur.

L’histoire

L’enfance et ses blessures, sous la plume de Cali.

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le coeur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.  Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Mon avis

Ce que je retiendrais vraiment de ce roman, c’est sa dimension poétique. Il suffit de lire le résumé (qui est un extrait du livre) pour comprendre toute la beauté de la plume!    Cali nous livre un récit d’une très grande sensibilité, un récit à hauteur d’enfant et pourtant si mature. Ce roman est autobiographique. Pourtant, sur la vie du chanteur,  vous n’apprendrez rien. Il écrit cette histoire comme si c’était un besoin viscéral (c’est souvent le cas des premiers romans) et vient ici nous parler, comme pour exorciser enfin, du drame de son enfance : la mort de sa maman quand il avait 6 ans.

Le petit Cali a été tenu à l’écart de cet évènement, il était considéré comme trop jeune pour assister à l’enterrement et par la suite, il a vu, impuissant, son père se noyer dans les ténèbres et sa soeur essayer de prendre toute la famille en main. Cet évènement traumatique, il nous le raconte aujourd’hui en retrouvant sa voix d’enfant. Pourtant, nous ne sommes pas du tout dans un roman jeunesse, les sujets sont graves, le roman introspectif et réservé à un public averti. On dirait simplement que le chanteur Cali laisse parler l’enfant qui est en lui. Lui et le petit Bruno qu’il était alors se tiennent la main pour nous raconter ensemble l’évènement qui les a formé. La mort d’une maman ou le deuil en général, c’est quelque chose d’universel, un drame auquel nous sommes tous confrontés, malheureusement. Pour l’instant, j’ai été épargnée par la vie, mais il n’empêche que j’ai été très touchée par les mots de cet enfant contraint de grandir trop vite. On ressent l’absence, la perte de repères, l’univers qui s’effondre, la douleur avant l’acceptation. Ce récit reste très pudique et ne tombe jamais dans le voyeurisme. Il s’agit d’une autofiction, on ne saura donc jamais quelle est la part de réel de cette histoire, et ce n’est finalement  pas plus mal. Les mots de Cali nous pénètrent, atteignent le coeur et l’on oublie très vite que ce roman est autobiographique ou a été écrit par un chanteur. Il ne reste que le petit Bruno, si faible et déjà si fort, qui vient nous prendre par la main.

J’ai donc été séduite par cette histoire, et par cette façon si sensible d’évoquer un jeune enfant, privé de son insouciance. Néanmoins, ce roman n’est pas un coup de coeur, car quelques éléments ont gêné ma lecture. Il faut tout d’abord avouer qu’il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. C’est une succession d’instants, un instantané du quotidien de notre petit Bruno. Je dois avouer que privée de vrais rebondissements, j’ai fini par m’ennuyer un peu et par me lasser de cette tranche de vie et de ses longueurs. Ce récit m’a semblé par moments trop contemplatif, trop lent, même si cela ne m’a pas empêché d’en savourer la plume. Il ne faut pas oublier que malgré le talent d’écriture de l’auteur, pratiqué depuis longtemps dans la création de ses chansons, il ne s’agit que d’un premier roman, avec toutes les maladresses mais aussi l’authenticité que ça implique. 

En résumé

Le chanteur Cali s’illustre dans un tout nouveau registre avec ce premier roman très sincère, écrit avec le coeur. De sa plume magnifique, il nous fait partager sa blessure d’enfance jamais refermée : la mort de sa maman quand il avait 6 ans. Très vite, le personnage public s’efface pudiquement et laisse la parole au petit Bruno, l’enfant qu’il était et qui a dû affronter la mort à un âge où les seuls soucis devraient être ceux de la cour de récré. Ce récit est construit à hauteur d’enfant et pourtant très mature, c’est une histoire touchante, magnifiquement écrite et pleine d’authenticité. Une histoire universelle, celle d’un deuil vécu trop jeune, qui saura vous retourner le coeur et parler à l’enfant vulnérable encore caché en vous, sans jamais être larmoyante. Malgré toute la beauté du texte, ce n’est pas un coup de coeur pour moi, car j’y ai retrouvé des longueurs. Il ne se passe finalement pas grand chose dans ce lent récit, construit comme une succession d’instantanés du quotidien. Cela n’empêche ce premier roman d’être plein de charme, un bijou de poésie et de sensibilité.

Me voici avec l’auteur ! Sur les autres photos, on peut le voir en pleine séance de dédicaces. 

Cali a signé le livre d’or de la librairie, et bien sûr mon exemplaire de son roman! 

Seuls les enfants savent aimer, par Cali, aux éditions du Cherche-Midi, 2018, 18 euros. 

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