Hors piste

Je connaissais surtout Sophie Adriansen pour ses romans adultes. Je n’ai encore jamais lu cette auteure, mais j’avais acheté sa biographie de Grace Kelly parue aux éditions Charleston, qui m’attend sagement dans ma PAL. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en discuter avec elle lors du Salon du livre de Montreuil en décembre, et j’ai découvert une auteure passionnée et très sympathique! Lorsque j’ai vu que son dernier roman jeunesse était disponible en service presse sur Netgalley, je n’ai pas hésité. J’étais curieuse de découvrir enfin sa plume, surtout dans cet autre registre. De plus, l’atmosphère hivernale qui s’en dégageait en faisait une lecture parfaite pour la saison. Malheureusement, ce roman a été une petite déception pour moi..

Merci aux éditions Slalom et à Netgalley pour cette lecture.

L’histoire

Marion, l’héroïne des Grandes jambes, a grandi et se retrouve en colonie de vacances dans une station de ski. La particularité de cette colo : interdiction d’utiliser son portable. Ce qui s’annonce comme une punition pour l’adolescente va lui permettre de se connecter à la  » vraie vie  » et d’élargir son horizon à travers des rencontres aussi étonnantes qu’enrichissantes.

Une semaine de colo de ski sans téléphone portable ! Voilà ce qui attend Marion. Comment survivre à cette épreuve ? Impossible de tenir une semaine sans contact avec ses amis !
À moins de rencontrer une étonnante camarade, des garçons mystérieux, des animateurs survoltés et de vivre la colo de toutes les expériences, en dehors des sentiers balisés…
Et si un tel programme parvenait à lui faire oublier totalement le collège… et même Grégory ?

Mon avis

En commençant cette lecture, j’ai vite découvert qu’il s’agissait d’un tome 2 d’une série. C’était pourtant mentionné dans le résumé, mais je n’avais pas fait attention.. Pourtant, ce n’est absolument pas gênant car ces 2 aventures sont totalement indépendantes les unes des autres, je n’ai à aucun moment où l’impression qu’il me manquait des infos pour comprendre.

Le roman est construit sous la forme du journal de bord de Marion. Cette jeune fille de 14 ans est envoyée par ses parents en colo à la montagne alors qu’elle déteste le ski. Elle est encore moins enchantée de quitter ses amis et son téléphone. Bref, ce voyage ne s’annonce vraiment pas bien. Sauf que… Evidemment, rien ne va se passer comme prévu, et cette colo sera la colo de tous les possibles! J’ai beaucoup aimé l’écriture sous forme de journal intime. Cela permet à l’auteure d’insérer toutes sortes de coupures dans l’histoire, via des paroles de chanson, des prospectus et autres « objets » soi disant collés dans son journal par Marion. J’ai trouvé cette forme de mise en page originale et très dynamique! La plume de l’auteure est très fluide, même si les tournures de phrases sont parfois un peu trop simples car nous sommes dans un roman jeunesse. J’ai beaucoup aimé aussi la conscience politique que développe peu à peu notre héroïne. A travers les musiques que les moniteurs de la colo lui font écouter (vieux hits des années 90 ou rappeurs modernes), Marion s’alarme peu à peu de la montée du FN en France et prend conscience de l’importance de se révolter en tant que jeune. Cela reste un élément très secondaire de l’intrigue, que j’aurais aimé voir plus développé, mais je pense que ce type de message est bon à prendre dans un roman jeunesse. 

Ce qui ne m’a malheureusement pas emballé, c’est l’intrigue en elle-même, que j’ai trouvé très simpliste. J’ai beaucoup senti que j’étais dans un roman jeunesse, et ça a gêné ma lecture! Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette Marion, qui m’a semblé particulièrement agaçante à cause de son immaturité. C’est un peu la fille de 14 ans typique, complètement tête à claques selon moi : elle ne pense qu’aux garçons, à la popularité, à son GSM, elle trouve ses parents lourds.. La plus grande partie de cette histoire tourne autour des amourettes : notre héroïne, à la manière d’une girouette, craque pour pas moins de 4 garçons en une semaine, et nous relate sans arrêt les petites mésaventures des autres « couples » formés dans cette colo. En temps normal, j’aime les romances mais ces histoires adolescentes m’ont toute semblé très superficielles et surtout, j’ai eu l’impression que l’héroïne ne pensait que ça, ce qui m’a semblé vraiment caricatural. Les histoires d’amitié passent au second plan et c’est dommage. Cependant, je ne doute pas que Sophie Adriansen a voulu refléter les préoccupations des jeunes filles de cet âge (même si j’espère que je n’étais pas aussi énervante à 14 ans!), qui sauront apprécier ce livre qu’elles liront en gloussant. Pour ma part, ça ne l’a pas trop fait, surement parce que je ne suis pas le coeur de cible ou parce que j’aime quand la littérature jeunesse est plus diversifiée et ne tombe pas dans les clichés.. 

Reste l’atmosphère hivernale qui, elle, est bel et bien présente! Comme Marion, je suis allergique au ski et à toute forme de sport et pourtant, je me serais bien vue dévaler les pistes. La montagne est très bien décrite, on ressent toute la magie de l’endroit, et les scènes de ski ont presque failli me convaincre de m’y mettre.

En résumé

Cette lecture jeunesse n’a pas trop su m’accrocher. Sans doute parce que je ne suis plus le public ciblé, j’ai trouvé cette histoire trop simpliste et un peu immature. Notre héroïne, Marion, est une jeune fille de 14 ans typique, c’est-à-dire typiquement agaçante. Nous la suivons pendant une semaine de colo à la montagne durant laquelle elle se fera plein de nouveaux amis et vivra des expériences inoubliables, mais l’essentiel du roman est centré sur les amourettes adolescentes qui se forment sur les pistes de ski. Tout cela m’a semblé très superficiel et caricatural, même si je ne doute pas que ça reflète les préoccupations d’une partie des ados de 14 ans! J’aime quand la littérature jeunesse est diversifiée et universelle, mais ce roman bourré de clichés est clairement à réserver aux jeunes adolescentes.. Reste qu’il y a des éléments intéressants : l’atmosphère hivernale qui en fait une parfaite lecture de saison, la beauté de la montagne très bien décrite, la plume dynamique, la construction originale du récit sous forme de journal intime, ou encore un début de conscience politique qui germe chez notre héroïne… Bref, il y a du bon et du moins bon dans cette lecture, mais je ne la conseillerais qu’au jeune public.

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Voici une photo de ma rencontre avec l’auteure lors du Salon du livre de Montreuil! 

Hors piste, par Sophie Adriansen, aux éditions Slalom, 2018, 10 euros 90.

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