Ce soir, on regardera les étoiles…

J’ai la chance d’être partenaire avec la superbe collection Le Cercle Belfond, qui nous propose des histoires toujours très variées, mais qui ont le point commun d’être émotionnellement puissantes. Cette fois, j’ai eu l’occasion de découvrir grâce à eux l’authentique témoignage d’Alì Ehsani, qui a fui enfant la guerre en Afghanistan pour trouver un avenir meilleur. Je serais sans doute passée à côté de cet ouvrage, assez éloigné de mes lectures de prédilection. Néanmoins, j’ai été très émue par ce destin. Critique.

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture.

L’histoire

Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d’humanité d’un enfant déterminé à faire bouger les frontières d’un monde à la dérive. Bouleversant.

La guerre, c’est le quotidien d’Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l’école, c’est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l’Iran, la Turquie, la Méditerranée, d’autres rives, à la recherche d’autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.

Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d’un poids lourd en partance pour l’Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s’est égaré en chemin… Qu’est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d’être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?

Mon avis

Ce témoignage qui se lit comme un roman nous raconte l’incroyable destin d’Alì. Pour échapper à la guerre, cet enfant a dû fuir son pays et partir pour un long périple, à l’âge où l’insouciance est encore de mise. Un tel exil nous semble incroyable, à nous, dans notre société occidentale, mais c’est pourtant le quotidien de nombreux de migrants. J’ai été totalement dépaysée par ce roman, mais pas en bien. Je me suis sentie plongée dans un autre monde et ses horreurs, très éloignée de notre modernité et pourtant contemporain au nôtre. Grâce à cette lecture, nous prenons vraiment conscience de ce qui se passe en Afghanistan où les talibans empêchent toute liberté, et dans les autres pays du Moyen-Orient où la réalité n’est guerre plus enviable. Le chemin de notre héros sera long et semé d’embûches. Sans jamais juger, Alì nous expose son histoire, parfois très dure, qui ne pourra que vous faire un choc.

Néanmoins, ne vous attendez pas à un roman tire-larmes ou mélodramatique. En effet, le voyage d’Alì est toujours animé par l’espoir, et même parsemé de rire et de l’émerveillement. Ces sentiments allègent la lecture, qui aurait pu être pleine de pathos avec un tel sujet. Quand l’histoire commence, notre héros n’a que 8 ans et va suivre son frère envers et contre tout. La relation entre ces deux-là est tout bonnement bouleversante. C’est le côté du roman que j’ai le plus aimé. Mohammed protège son frère avec tendresse, et assume le rôle des parents qu’ils n’ont plu. Hélas, nous comprenons bien vite que les deux frères ont fini par être séparés. Se retrouveront-ils pour regarder les étoiles ensemble? Je ne peux vous le révéler, mais je dois vous dire que l‘histoire d’Alì compte son lot de moments émouvants et que ce lien fraternel si beau pourrait vous faire couler les larmes. 

Les personnages qu’Alì rencontre sur son chemin sont surprenants. J’ai été positivement étonnée par la bonté des gens à l’égard de cet enfant. Malgré un sujet très dur, « Ce soir, on regardera les étoiles… » diffuse des valeurs de solidarité et de bienveillance, et cela m’a réchauffé le coeur. La narration particulière y est aussi pour quelque chose : Ali, désormais adulte et installé en Italie, nous raconte son histoire avec sa voix d’enfant. Il a su conserver ce regard de petit garçon sur les choses et cette naïveté, qui rendent tout de suite la réalité plus acceptable! J’ai beaucoup aimé son style si particulier, qui se prête parfaitement bien à l’histoire qui nous est narrée.

Pourtant, pour être honnête, je n’ai pas été captivée par ce roman. Si j’ai beaucoup été impressionnée par le destin d’Alì et sa force de résilience, je n’avais pas cette irrépressible envie de tourner les pages pour connaître la suite de l’histoire. J’ai d’ailleurs lu ce livre assez lentement.  Cela ne veut pas dire que je ne l’ai pas aimé, au contraire, mais les chapitres longs, la construction pas toujours chronologique et la succession de personnages et de villes différentes ont alourdi ma lecture et l’ont rendue parfois complexe. Mais bien sûr, on ne peut pas juger ce témoignage comme on le ferait d’un roman ! Cette histoire incroyable a le mérite d’être vraie, et n’a pas besoin de rebondissements à chaque page pour être digne d’intérêt. Vous ne devriez pas passer à ce côté. Cette autobiographie est de ces livres qui ne s’oublient pas, se diffusent pour secouer les mentalités, et se partagent pour renouer avec la foi en l’humanité. 

 

Ce soir, on regardera les étoiles…, par Alì Ehsani, aux éditions Belfond, collection Le Cercle, 2018, 21 euros.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :