Dîner avec Edward

J’ai un gros faible pour les romans intergénérationnels, qui ont souvent ma préférence en matière de lectures feel good. C’est pourquoi, lorsque j’ai découvert le résumé de « Dîner avec Edward », j’ai tout de suite noté cette nouvelle parution racontant l’amitié entre un nonagénaire et une new-yorkaise un peu dépressive. Lorsque ce roman a rejoint ma PAL grâce à Netgalley, j’ai décidé de l’en sortir vite en raison de son tout petit nombre de pages (un peu moins de 200) qui me motivait. Critique.

Merci aux éditions Presses de la Cité et à Netgalley pour cette lecture. 

L’histoire

Afin d’apaiser une amie installée loin de New York et de son père nonagénaire, Isabel accepte d’aller dîner avec Edward, dévasté par la récente disparition de son épouse. Journaliste, la quarantaine, Isabel aussi traverse une crise : à peine débarquée dans la grosse pomme, elle assiste impuissante au naufrage de son mariage. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu‘Edward possède d’époustouflants talents de cuisinier, alliés à un sens de l’humour sans faille et à une solide philosophie de l’existence. Pour son hôte, le vieil homme repasse derrière les fourneaux. Et l’invitation ponctuelle devient un rendez-vous régulier, l’occasion pour les deux âmes en peine de reprendre goût à la vie, et foi dans les bienfaits d’un verre de martini !
Jalonné de préceptes de savoir-vivre, un petit précis d’optimisme et de gourmandise, un magnifique texte sur le pouvoir de la résilience, l’importance de la lenteur et la force de l’amitié. 

Mon avis

La dernière phrase du résumé annonce la couleur : ce roman met en évidence « l’importance de la lenteur », et c’est à la fois son plus grand défaut et sa plus belle qualité. En effet, ce roman assez contemplatif nous invite à faire une pause dans nos quotidiens mouvementés pour profiter des plaisirs simples, comme ceux de la table. J‘ai apprécié cette morale assez feel good, véhiculée par le personnage d’Edward, un nonagénaire exceptionnel et cuisinier hors pair, qui vous fera voir la vie autrement comme il l’a fait pour Isabel. Malheureusement, qui dit éloge de la lenteur dit aussi rythme assez lent, et il ne se passe finalement pas grand chose dans cette histoire. Cela peut être lassant à la longue, car tous les chapitres se ressemblent. Il n’y a pas vraiment de progression dans l’histoire, d’autant que la narration est assez décousue et manque de repères chronologiques.

Je viens de qualifier ce livre de roman, mais en réalité, ce n’est pas le terme exact : ce livre est un témoignage/document, bref une histoire où tout est vrai. Pourtant, il se lit très facilement et présente deux « personnages » attachants qui auraient toute leur place dans une fiction. Cette histoire, c’est celle d’Isabel Vincent, l’auteure, qui a noué une amitié aussi profonde que surprenante avec Edward, le père de l’une de ses amies. Leurs deux solitudes vont s’apprivoiser et c’est cette rencontre touchante qu’elle nous raconte dans cet ouvrage. Si l’hommage à Edward est exceptionnel et devra combler de joie ses proches, je ne suis pas sûre pour autant que cette histoire ait un véritable intérêt littéraire pour une personne n’ayant aucun lien avec l’entourage de l’auteure. Comme je l’ai dit, l’histoire est assez simple, voire inexistante, et n’a rien d’exceptionnel. Le livre est court, et pourtant bourré de répétitions.

Je me rends bien compte que je dresse un portrait assez négatif de ce livre. Pourtant, malgré ces défauts, j’ai apprécié ma lecture et je vous recommande cet ouvrage, surtout si vous êtes un gourmet. En effet, ce livre est un véritable régal pour les papilles ! Les descriptions des mets succulents réalisés par Edward prennent une (trop?) grande place dans l’intrigue, et vous aurez l’eau à la bouche devant toutes ces préparations. Il ne faut pas lire ce livre le ventre vide, sous peine de se jeter sur le frigo… Isabel Vincent n’hésite pas à donner au lecteur les astuces utilisées par Edward aux fourneaux, il y a un petit côté « livre de cuisine » très original dans cette histoire. Pour ma part, étant loin d’être un cordon bleu, ces recettes m’ont un peu ennuyée, mais je suis sûre qu’elles sauront vous inspirer si vous cuisinez régulièrement !

Outre l’aspect culinaire, ce que j’ai le plus aimé dans ce livre, c’est sans doute le « personnage » d’Edward. On sent que cet homme était très attachant. Ce vieil homme est une personne incroyable comme nous en connaissons sans doute parmi les personnes âgées de notre entourage. Bienveillant, aimant et malicieux, ce « gentleman » à l’ancienne saura vous charmer comme il l’a fait pour Isabel. C’est un peu le grand-père que tout le monde aimerait avoir, qui vous donnera des leçons de vie sans en avoir l’air. Edward est aussi très touchant dans l’amour infini qu’il a porté à son épouse tout au long de sa vie. La partie biographique à son sujet est très intéressante, même si Isabel Vincent ne décrit que la vie banale d’un homme ordinaire. On sent qu’elle le fait avec amour et tendresse, et cela fait toute la différence ! 

Néanmoins, mis à part les passages concernant Edward, j‘ai eu un peu de mal avec le style de l’auteure. Isabel Vincent est journaliste de profession, et cela se sent dans son approche très factuelle des évènements. Son écriture est très descriptive et donne l’impression de lire un long article, ce qui peut être lassant à certains moments. Par exemple, elle n’avait pas besoin de nous décrire en détail toute l’histoire du quartier de New-York dans lequel Edward vit. J’ai trouvé qu’il y avait un peu trop d’infos inutiles dans cette histoire, ce qui empêche l’émotion pure et simple chez le lecteur. 

En conclusion

« Dîner avec Edward », c’est l’histoire vraie de la rencontre entre une journaliste new-yorkaise un peu dépressive et Edward, un sémillant nonagénaire passionné de cuisine. Ce « personnage » follement attachant est le plus grand atout de cette histoire parfois un brin ennuyeuse. Il ne se passe en fait pas grand chose dans cet ouvrage, qui insiste sur l’importance de la lenteur. Ce thème est à double tranchant : s’il donne lieu à  une jolie leçon de vie et à une morale assez feel good, il entraîne aussi un rythme lent et des répétitions peu nécessaires dans une histoire déjà brève. Reste que ce livre très culinaire vous donnera l’eau à la bouche : les descriptions des recettes réalisées par Edward plairont aux gourmets, et il vous sera même possible de les refaire à la maison! Malgré une écriture parfois factuelle due à la profession journalistique de l’auteure,  ce roman aussi relaxant qu’un bon verre de vin est un bel hommage, assez touchant, à ce vieil homme pas comme les autres. A découvrir.

Dîner avec Edward, par Isabel Vincent, aux éditions Presses de la Cité (2018), 17 euros. 

 

 

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