L’Atelier des souvenirs

Si vous me lisez régulièrement, vous devez le savoir : parmi toutes les histoires feel good que j’ai l’occasion de lire, j’ai surtout un faible pour les romans intergénérationnels mettant en scène des personnes âgées. Cela me vient de ma lecture de « Tu comprendras quand tu seras grande », de Virginie Grimaldi, qui avait été un immense coup de coeur l’année dernière. C’est pourquoi j’étais très curieuse de découvrir « L’Atelier des souvenirs », un roman dont le résumé présentait des similitudes avec celui de Virginie Grimaldi. Cette fois, l’auteure, Anne Idoux-Thivet, mêle ateliers d’écriture et personnages âgées et ce sujet me parlait particulièrement, puisque j’ai toujours beaucoup aimé la rédaction. Cela a finalement été une petite déception pour moi, car ce roman n’est pas à la hauteur de son illustre modèle. J’ai néanmoins passé un moment sympa avec cette lecture. Critique.

Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture. 

L’histoire

Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.
Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !

Mon avis

Ce roman n’est pas inoubliable, mais il a rempli son rôle de lecture divertissante. J’ai passé un chouette moment aux côtés de cette bande de retraités malicieux. Ces héros du troisième âge sont à mes yeux le véritable atout de cette histoire. Au soir de leur vie, chacun a une histoire à raconter et va le faire sous l’impulsion de la jeune Alice. Les souvenirs qu’ils nous font partager sont forcément émouvants, et pour les transmettre, ils utilisent des textes à la forme variée, au rythme des consignes reçues dans cet « atelier des souvenirs » fictif. J’ai beaucoup aimé les différents textes qui nous sont proposés et autour desquels le roman s’articule. L’auteure, Anne Idoux-Thivet, se glisse avec aisance dans la peau de chacune de ces personnes âgées et adopte un style d’écriture différent à chaque fois pour chacun de leurs « écrits ». Bref, ces textes surprenants et de très grande qualité sont porteurs d’émotions et sont à lire comme d’agréables petites nouvelles, au ton pudique et doux. Néanmoins, cela ne suffit pas à construire un roman…

En effet, les passages romancés m’ont semblé beaucoup moins plaisants à lire, et c’est dommage, car ils constituent le gros de l’intrigue. J’ai eu l’impression que l’auteure cherchait à combler le vide et « remplir » les trous par une histoire lisse et convenue, qui manque un peu d’épaisseur. Je me suis moins intéressée au coeur du récit, qui raconte essentiellement les péripéties de notre joyeuse bande pour trouver un amoureux à Alice, leur jeune professeure d’écriture. Cette histoire, si elle ne manque pas de quiproquos cocasses qui ont pu me faire sourire, m’a finalement semblé assez banale et ne m’a pas vraiment surprise. Je l’ai trouvée en outre plutôt irréaliste de par les réactions des différents personnages et le côté très immature de certains aînés. Néanmoins, malgré quelques passages pas franchement nécessaires, on peut dire que ces petites aventures sont plaisantes à lire et respectent les codes du feel good. 

Mis à part le manque d’originalité de l’histoire, mon plus gros problème provient de la narration. La narration omnisciente choisie par l’auteure crée une tonalité extrêmement distante et à cause de son écriture, je n’ai jamais su aller au fond des choses. Je n’ai pas vraiment aimé le style d’Anne Idoux-Thivet lors des passages narratifs, qui me semblent trop scolaires et froids que pour faire réellement passer des émotions. Le résultat est qu’aucun des personnages n’est creusé, et ils sont pourtant nombreux. De cette façon, difficile de s’attacher à quiconque, pas même à notre héroïne, Alice ! Comme tous les personnages, elle manque de profondeur psychologique et son caractère effacé, sur lequel l’histoire insiste, contribue à en faire un fantôme, une présence évanescente qui n’a rien d’un personnage principal digne de ce nom. J’ai eu l’impression qu’en raison de la multitude de personnages et de type de textes qui composent ce roman, l’histoire était finalement bâclée et n’était pas développée à sa juste valeur : des thèmes intéressants ne sont qu’évoqués, comme l’importance de la transmission ou la difficulté de trouver un emploi pour des jeunes pourtant surdiplomés. Le dénouement, quant à lui, est trop rapide et laisse le lecteur sur sa faim.

J’ai bien conscience que mon article semble plus que négatif, mais comme toujours, je vous invite à vous faire votre propre avis  ! Pour être honnête, je n’ai pas du tout passé un moment désagréable avec ce roman et je l’ai même lu très vite, sans trop faire attention à ses petits défauts. Cette lecture a été un petit moment de détente sympa pour moi, mais n’est sortie à aucun moment du lot. J’ai l’habitude de lire de nombreux romans feel good, je deviens donc de plus en plus exigeantes et cette lecture-ci n’avait rien de marquant. À mon avis, elle sera vite oubliée…

En résumé 

Mon avis sur ce roman est plus que contrasté. Cela a été une déception pour moi, qui en attendais beaucoup suite à la lecture du résumé qui avait tout pour me plaire, entre ateliers d’écritures et liens entre les générations. Au final, le manque d’originalité empêchera cette histoire de sortit du lot, et j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style d’écriture de l’auteure. La narration omnisciente m’a semblé assez détachée et froide, et cela empêche la transmission de la plupart des émotions ! Les personnages manquent de profondeur psychologique : je n’ai su m’attacher à aucun d’entre eux, alors même qu’ils sont très nombreux. Des sujets intéressants ne sont qu’esquissés, alors que le dénouement, lui, est plus que précipité ! Bref, pas mal de petits défauts ont gâché mon plaisir et empêcheront cette lecture feel good de faire partie de mon palmarès du genre. J’ai pourtant passé un moment aussi agréable que divertissant face aux facéties de ces personnes âgées malicieuses ! Il y a beaucoup d’humour dans cette histoire empreinte de positivité comme j’aime en lire. Notons aussi la beauté et la diversité des textes rédigés par les personnes âgées lors des « ateliers des souvenirs », qui sont insérés à l’intérieur du roman, et constituent des petites nouvelles au ton aussi doux que poétique.

L’Atelier des souvenirs, par Anne Idoux-Thivet, aux éditions Michel Lafon (2018), 17 euros 95. 

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4 commentaires sur “L’Atelier des souvenirs

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    1. Si tu démarres avec les romans Feel Good, ce n’est pas celui que je te conseillerais ! Par contre tu devrais tenter les romans de Virginie Grimaldi ou d’Aurélie Valognes. Ce sont des lectures simples mais tellement douces et émouvantes !

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