La Vallée des oranges

Je suis une grande amoureuse des parutions Charleston, de leurs héroïnes inspirantes et courageuses et de leurs romans historiques follement romantiques. C’est pourquoi j’étais très impatiente de découvrir la nouvelle lauréate du Prix du livre romantique, qu’ils ont créé et qui met justement ces qualités à l’honneur. J’avoue ne pas encore avoir eu le temps de me pencher sur les précédents romans gagnants, mais j’étais très curieuse de découvrir cette cuvée 2018, qui a choisi de récompenser un roman mettant en scène l’histoire de l’Espagne, un thème qui m’intéresse particulièrement, car il fait directement écho à certains de mes cours d’université. Verdict.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture. 

L’histoire 

Marseille, 2016.
En démontant le faux plafond d’un hôtel, un ouvrier tombe sur une boîte contenant les souvenirs d’une vieille dame, Magdalena. Son arrière-petite-fille, Anaïs, tenancière du Café de l’Ensaïmada, une institution culinaire à Paris, décide alors de partir à la recherche de ses origines majorquines…

Majorque, 1935.
Magdalena, jeune pâtissière, confectionne chaque jour des ensaïmadas, ces brioches majorquines entortillées et saupoudrées de sucre glace. Mais très vite, la guerre civile espagnole frappe aux portes de son village. Au péril de sa vie, Magdalena s’engage alors dans la résistance.

Entre Majorque et Marseille, deux destins de femmes bousculées par la Guerre d’Espagne et un secret de famille, mais unies par une même passion : la pâtisserie.

Mon avis 

Le thème abordé dans ce roman est particulièrement intéressant d’un point de vue historique : Béatrice Courtot nous livre un roman bien documenté qui témoigne des atrocités vécues par les Espagnoles lors de la guerre civile et de ce qu’il en reste 80 ans plus tard… « La Vallée des oranges » est un roman immersif qui nous plonge véritablement en Espagne et en particulier à Majorque. Cette plongée est tout d’abord géographique, mais aussi historique, culturelle et même culinaire. Nous nous trouvons face à un roman qui fait véritablement voyager, et cela a été un plaisir de lecture pour moi!. J’avoue que cette destination de vacances ne me tentait pas du tout, car je ne connaissais cette île que pour ses hôtels et ses clubs de vacances, mais grâce à ce roman, j’ai découvert l’existence d’une culture bien plus riche, qui m’a donné très envie de me rendre dans cette Majorque au charme enchanteur et aux traditions anciennes. Béatrice Courtot parle à tous nos sens dans ce roman qui a une dimension très sensuelle par moments : grâce à ses descriptions précises, nous aurons l’impressions de sentir le goût des oranges dans notre banche, la chaleur du soleil sur notre peau, la beauté du paysage sous nos yeux ou encore la texture de l’ensaïmada, cette pâtisserie traditionnelle, dans nos mains. La plume de l’auteure est très particulière et teintée d’une poésie indéniable. 

À partir de la quête fascinante menée par Anaïs, l’auteure pose une question interpellante : que connaissons-nous vraiment du passé des personnes de notre famille? Cette jeune héroïne a très bien connu son arrière-grand-mère aimante, Magdalena, qui lui a transmis son amour de la pâtisserie. Mais Anaïs ira de surprise en surprise une fois plongée dans le passé trouble de son ancêtre… Cette question peut finalement résonner en chacun de nous, puisque nous connaissons bien mal (en tout cas pour la plupart) le destin de nos grands-parents et arrière-grands-parents à une autre époque si différente de la nôtre et pourtant si proche. Le thème de la transmission et des secrets qui subissent par delà les générations, souvent abordé dans les livres Charleston, m’a encore une fois particulièrement parlé.

À travers le destin de la courageuse Magdalena, Béatrice Courtot nous plonge dans les affres de la guerre civile espagnole. D‘un point de vue historique, j’ai été comblée puisque j’ai pu apprendre de nombreux détails que j’ignorais sur ce conflit encore traumatisant pour des générations d’Espagnols. Néanmoins, ce roman n’est pas un coup de coeur pour moi, tout simplement parce que j’ai trouvé que certains aspects manquaient de développement, tandis que d’autres étaient développés à l’excès. « La Vallée des oranges » est un texte étonnamment court pour un roman historique et par conséquent, j’ai eu l’impression que l’auteure passait un peu vite sur certaines évènements : les épreuves vécues par Magda sont décrites de façon un peu trop factuelle pour moi. Elles s’enchaînent les uns après l’autres sans que l’on ait eu le temps de dire ouf ! Pour cette raison, j’ai mis du temps à m’attacher à cette héroïne, et je pense que ce roman aurait pu provoquer beaucoup plus d’émotion chez moi s’il avait compté 100 pages de plus.

A l’inverse, les passages concernant Anaïs m’ont semblé étonnamment longs et auraient pu être raccourcis. L’héroïne du temps présent, si elle reste attachante, a un destin moins palpitant que celui de son ancêtre et j’ai failli m’ennuyer durant quelques instants en la suivant.  Bref, de petits problèmes de rythmes ont gâché une partie de mon plaisir, sans entacher la qualité de cet excellent roman ! Première oeuvre d’une jeune auteure à suivre, « La Vallée des oranges » est une histoire sensuelle et passionnante qui a bien mérité de recevoir le Prix du livre romantique. 

La Vallée des oranges, par Béatrice Courtot, aux éditions Charleston (2018), 18 euros. 

Publicités

4 commentaires sur “La Vallée des oranges

Ajouter un commentaire

  1. Je l’ai fini hier. Et j’ai le même ressenti que toi. L’intrigue n’est sans doute pas assez développée et je ne me suis pas attachée à Anaïs que finalement on apprend pas vraiment à connaître. Mais c’est une bonne lecture et une belle invitation au voyage😉

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :