Bonjour tristesse

J’ai une sorte d’appréhension envers les classiques de la littérature, vers lesquels je ne me tourne jamais spontanément. Sans doute par peur d’un langage trop compliqué ou par dégoût à la suite des nombreuses lectures imposées par mes études qui arrivent rarement à me séduire… Malgré tout, je suis curieuse de découvrir de manière plus ludique certaines histoires ayant traversé le temps. C’est pourquoi cette adaptation en BD de « Bonjour tristesse », le premier roman de Françoise Sagan, m’a tout de suite attirée. Je me suis lancée sans connaître l’histoire, et j’ai découvert un univers surprenant et vénéneux, servi par les jolis dessins de Frédéric Rébéna. Critique.

L’histoire

1954, Cécile, lycéenne parisienne passe l’été de ses dix-sept ans dans une villa avec son père Raymond, veuf, et Elsa, la maîtresse de ce dernier. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite de plaisirs et d’insouciance. Cécile connaîtra ses premières étreintes avec Cyril. L’ambiance change quand Raymond annonce l’arrivée d’Anne, une amie. Différente d’Elsa et Cécile, Anne est une femme stricte et moralisatrice, elle apprécie la culture, les bonnes manières et l’intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil commence entre les trois femmes. Elsa tente de maintenir la relation avec Raymond, qui est aussi attiré par Anne. Quant à Cécile, elle craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que leurs libertés. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare…

Mon avis 

Mon opinion sur cette BD est en vérité assez mitigée. La qualité du dessin n’est pas en cause : les illustrations réalisées par Frédéric Rébéna apportent un vrai plus à l’histoire. Elles sont simples et agréables à regarder. L’illustrateur crée un univers visuel mélancolique qui correspond parfaitement au ton de l’histoire. Mon problème vient plutôt de l’histoire en elle-même, qui est celle du célèbre premier roman de Françoise Sagan, publié dans les années 50 quand elle n’avait que 17 ans et devenu aujourd’hui un classique. L’adaptation me semble tout à fait fidèle, pour ce que je peux en juger puisque je ne connaissais pas l’oeuvre originale au départ. Cependant, j’ai été un peu déroutée par l’histoire de Sagan, que je ne connaissais pas et dont l’ambiance est très particulière.

Dans « Bonjour tristesse », l’auteure installe un climat vénéneux et envoûtant qui peut troubler le lecteur. L’atmosphère est très particulière, l’ambiance invite à la langueur et à la paresse. Sous le soleil de la Côte d’Azur, il va s’en passer des choses… 3 femmes d’âges différents entrent dans une sorte de rivalité amoureuse un brin malsaine pour obtenir l’attention d’un seul homme, qui m’a semblé être une sorte de play boy de seconde zone un peu pathétique. La fille de ce dernier, qui est la narratrice de l’histoire, ne manque pas de pitié du haut de ses 17 ans et sera prête à tout pour ridiculiser les 2 autres femmes, quitte à les blesser. Le climat trouble installé par l’histoire est très réussi, et particulièrement mis en valeur par le dessin, qui joue sur le clair-obscur.

Néanmoins, j’ai trouvé cette histoire assez malsaine, voire même franchement glauque ou dérangeante. Aucun des personnages n’est attachant : ils sont mêmes tous assez méprisables, en particulier la narratrice. Le problème vient du fait que j’ai toujours du mal avec les histoires mettant en scène des adolescentes vaporeuses, égocentriques et très sensuelles, à la « Virgin suicides ». Cela me semble bien loin de ma réalité, et j’ai par conséquent du mal à être convaincue. Cette histoire a défrayé la chronique dans les années 50 et je suis peut-être un peu prude, mais certaines scènes ont continué de me choquer par leur côté immoral. Je me suis sentie réellement mal à l’aise lors de ma lecture. Je pense que le roman vaut surtout la peine pour la qualité de la plume de la célèbre auteure, aspect qui est malheureusement perdu lors de l’adaptation en BD. Mais mon rapport avec les classiques est plus que conflictuel, je vous conseille donc de tenter votre chance et pourquoi pas en lisant cette adaptation BD très joliment illustrée par le crayon de Frédéric Rébéna. Vous serez peut-être plus séduits que moi par l’atmosphère très réussie, mais un brin toxique et cruelle, mise en place par Sagan…

Bonjour tristesse, par Frédéric Rébéna, d’après l’oeuvre de Françoise Sagan, aux éditions Rue de Sèvres (2018), 18 euros. 

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