Étoiles dans le ciel du Sud

Après m’avoir fait voyager dans l’Australie du 19ème siècle avec leur parution Le destin de Cassandra, les éditions L’Archipel ne changent pas de destination avec cette nouvelle parution, qui se déroule également en Australie, mais cette fois dans les années 1950. Cette maison d’édition, qui publie beaucoup de romans historiques, s’avère experte en dépaysement, et ce joli roman ne fait pas exception à la règle. Critique.

Merci aux éditions L’Archipel pour cette lecture. 

L’histoire

Londres, 1954. Estella mène une vie des plus confortables… jusqu’à ce qu’elle découvre que son mari, en plus d’avoir fermé son cabinet d’avocat et dilapidé leur fortune, la trompe.
Le cœur brisé, Estella décide de refaire sa vie en Australie, où un poste de vétérinaire l’attend. Mais la jeune femme n’est pas seule à effectuer la traversée : elle est enceinte.
Arrivée à Kangaroo Crossing, Estella déchante. Peuplé d’une poignée d’habitants, le hameau est infesté de mouches et la chaleur y est suffocante. Et tous observent la nouvelle venue d’un œil suspicieux.
Parviendra-t-elle à gagner le respect et la confiance des habitants du village, plutôt rustres ? Un pari d’autant plus difficile à relever qu’elle leur a caché plusieurs pans de son passé. Et que ce dernier pourrait bien la rattraper…

En résumé

Ce roman historique n’est pas révolutionnaire du point de vue de sa trame qui reste assez prévisible, mais je l’ai trouvé extrêmement dépaysant grâce aux descriptions magnifiques qui sont réalisées des terres d’Australie. Lorsqu’Estella, notre héroïne habituée au quotidien londonien, arrive dans ce pays désertique pour fuir son passé, nous découvrons l’hostilité puis le charme de l’Australie à travers ses yeux. Ce roman est totalement fascinant du point de vue  du voyage qu’il nous procure. On en prend plein la vue et la plume de l’auteure est particulièrement immersive! Par contre, il n’est pas spécialement intéressant d’un point de vue historique : on sent assez peu l’ambiance des années 50 et peu de grands évènements de l’histoire nous sont décrits. En fait, cette histoire pourrait se passer à n’importe quel moment du passé, mais cela ne m’a pas dérangé tant les personnages sont attachants!

Notre héroïne, Estella, n’a pas froid aux yeux et est assez moderne pour son époque. Elle est forte à travers les épreuves, généreuse et bienveillante. Bref, une héroïne forcément très attachante, puisqu’elle semble parfaite! Un peu trop d’ailleurs, puisque le roman tombe à plusieurs reprises dans un côté très manichéen… Mais il n’empêche que je n’ai pas boudé mon plaisir de la suivre dans toutes ses aventures et dans sa découverte de l’Australie. Sur ses traces, nous découvrons les coutumes locales, la vie quotidienne pas si facile et si éloignée de tout ce que nous connaissons, la faune et la flore locale… Estella est vétérinaire et en tant qu’amoureuse des animaux, cela m’a beaucoup plu de me plonger dans son quotidien durant quelques instants. La population aborigène nous est elle aussi décrite à travers plusieurs personnages, et j’ai été ravie d’en apprendre plus sur ce peuple, sa sagesse et ses croyances. Bref, la mission de dépaysement que se donnait ce roman est 100% réussie à mes yeux et j’ai été totalement charmée par cette ambiance australienne, dont je ne connaissais rien, mais qui m’a beaucoup plu.. Même si j’avoue que j’aurais aimé que le contexte historique soit mieux développé.

Les personnages secondaires sont également très intéressants, même si j’aurais aimé que certains d’entre eux soient mieux développés. Je dois avouer qu’il m’arrivait aussi de les confondre entre eux, car ils sont très nombreux et pas tous essentiels. À Kangaroo Crossing, c’est en effet une petite communauté soudée qu’Estella va découvrir, faite d’individus bourrus mais attachants, ayant chacun leurs secrets, même si ceux-ci sont parfois trop vite survolés… J’ai néanmoins été très touchée par l’histoire du docteur Dan. J’ai beaucoup aimé que les liens se créent progressivement entre Estella et tous ces habitants, et j’ai adoré suivre son adaptation à petits pas. Il y aura aussi une belle histoire d’amour prévue pour elle, qui m’a bien séduite même si elle reste relativement secondaire. Cependant, je trouve qu’à partir d’un certain moment, le rythme du roman s’essouffle et des longueurs surviennent ! Certaines péripéties n’étaient à mes yeux pas nécessaires et trop redondantes.

En résumé

Malgré quelques défauts, comme des longueurs, j’ai passé un bon moment à suivre les aventures australiennes d’Estella et je ne peux que conseiller ce roman dépaysant à tous les amateurs de beaux paysages et de coutumes particulières ! Servi par une héroïne attachante et des personnages intéressants quoiqu’un peu trop manichéens, « Etoiles dans le ciel du Sud » est un roman efficace qui vous offrira une splendide évasion à l’autre bout du monde.

 

Étoiles dans le ciel du Sud, par Elizabeth Haran, aux éditions L’Archipel (2018), 23 euros. 

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