17 ans

Lors de sa sortie en 2014, j’avais eu un coup de coeur pour le sublime roman « Love letters to the dead », une belle histoire d’adolescence racontée par Ava Dellaira. Depuis lors, j’étais très impatiente de retrouver la plume de l’auteure dans un nouveau livre. Elle s’est fait désirer, mais l’attente valait le coup, car ce nouveau roman est un autre coup de coeur ! Je l’avais gardé pour m’accompagner dans mon voyage à Los Angeles, car cette ville est justement un personnage à part entière de l’histoire. J’ai très bien fait, car ce Young Adult de très grande qualité m’a totalement convaincue. Critique.

Merci aux éditions Michel Lafon pour cette lecture.

L’histoire

Nous poursuivons tous quelque chose…

Dans les années 1990, pour Marilyn, c’est la liberté.
À 17 ans, enfant-actrice, elle sert de complément de salaire à sa mère, mais alors que les rôles et leurs revenus se raréfient, celle-ci s’éloigne de plus en plus. Bientôt, l’adolescente n’a d’autre choix que d’emménager chez un oncle imprévisible. Mais ce coup dur est vite adouci par la rencontre de James, le voisin d’en dessous, qui lui fera découvrir qu’ensemble ils peuvent donner à leur vie morne et ennuyeuse autant de couleurs qu’ils le désirent.

Aujourd’hui, pour Angie, c’est la vérité.
À 17 ans, cette jolie métisse n’a jamais connu son père. Et sa mère, Marilyn, a toujours prétendu qu’il était mort avant même sa naissance. Mais lorsque l’adolescente se découvre un oncle inconnu, elle se demande si sa mère ne lui a pas caché plus encore. Avec pour seul compagnon Sam, son ex-petit ami, Angie se lance alors dans un road trip improbable et dangereux, quittant son Nouveau-Mexique natal pour la ville de tous les espoirs : Los Angeles

Mon avis 

Quelle magnifique histoire! Je ne saurais trouver les mots pour vous convaincre de vous précipiter dessus. Avec ce deuxième roman, véritable coup de maître, Ava Dellaira nous confirme son talent pour parler avec justesse de l’adolescence, grâce à une plume très poétique. Bien loin des romans YA frivoles que je dévore parfois comme un plaisir coupable, ce roman m’a semblé touchant, profond et même important par les thèmes qu’il aborde. Pas besoin d’être ado pour le lire ;  cette histoire, de très grande qualité et empreinte de maturité,  saura vous toucher en plein coeur quel que soit votre âge.

« 17 ans » est le portrait croisé de deux jeunes filles à des époques différentes, avec pour point commun la ville de Los Angeles en toile de fond: nous suivons simultanément le destin d’Angie, à notre époque, mais aussi celui de sa mère Marilyn, quand elle-même avait 17 ans dans les années 1990 (et l’atmosphère de cette époque est très bien reconstituée, grâce aux nombreuses références musicales et culturelles)! Chacune de ces jeunes filles devra affronter de grandes épreuves émotionnelles dans la Cité des Anges, une ville dangereuse qui peut être aussi bien synonyme d’espoir que de rêves brisés.

Ava Dellaira nous livre avec une infinie tendresse le portrait de deux femmes en devenir, à l’aube de leur vie d’adulte. »17 ans » est aussi un roman qui fait la part belle à la relation mère-fille. Nous ressentons le lien unique et salvateur qui existe entre Marilyn et Angie, et nous prenons conscience de la force de leur amour malgré les non-dits, ce qui est profondément touchant (un peu comme le dernier roman de Virginie Grimaldi qui aborde le même thème avec brio!). Malgré la dureté de certains passages, il ressort de « 17 ans » une ode à la famille qui a su me parler, ainsi qu’une invitation à prendre son destin en main qui est des plus positives.

Ne vous attendez pas à une histoire légère comme le promet la jolie couverture qui respire le soleil. Ce roman est parfois très dur par les thèmes abordés, comme le deuil ou la quête d’identité, et par les évènements vécus par les personnages, dont le destin est loin d’être rose. A travers l’histoire d’amour entre Marilyn et James, le père d’Angie, Ava Dellaira aborde avec tact et pertinence la mixité, le racisme et les drames que la haine de l’autre peut causer. Marilyn, enfant star forcée par sa mère à intégrer le monde du show business, m’a également beaucoup touchée et est une bonne illustration de la face sombre d’Hollywood.

Ava Dellaira arrive à construire ses personnages de la plus brillante des manières : chacun d’entre eux est complexe, très travaillé psychologiquement. Ils nous sont présentés de façon authentique et réaliste, avec leurs qualités et leurs défauts. Chacune de nos héroïnes est charismatique tout en restant humaine et travaillée par le doute. J’avoue cependant avoir une préférence pour Marilyn, en raison des douloureuses épreuves qu’elle a traversées à 17 ans. Sans rien révéler, quelques scènes tragiques la concernant ont su me faire couler les larmes, et j’ai repensé à son destin bien après le livre refermé. Mais rien n’est trop déprimant : dans ce roman, comme dans le précédent de l’auteure, il y a toujours une lumière dans l’obscurité. C’est pourquoi Ava Dellaira nous laisse en paix avec une scène finale en forme de très beau message d’espoir. De quoi achever dignement ce roman profondément touchant, qui était pour moi parfait de bout en bout! Je vous invite à découvrir cette pépite, qui vous démontrera toute la richesse de la littérature Young Adult. Une chose est sûre, je serai au rendez-vous les yeux fermés pour le prochain roman de l’auteure (en espérant ne plus devoir attendre 4 ans!).

17 ans, par Ava Dellaira, aux éditions Michel Lafon (2018), 16 euros 95. 

2 commentaires sur “17 ans

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