Caribou baby

Pour être honnête avec vous, je dois dire que je garde un assez mauvais souvenir de l’auteure Meg Rosoff. J’avais lu deux de ses romans voilà des années et aucun ne m’avait plu, si bien que j’avais laissé tomber et que je m’étais désintéressée de ses publications. Pourtant, ce tout nouveau, fraîchement paru chez Rageot, a attiré mon oeil par son résumé totalement absurde et déjanté. Le fait que Clémentine Beauvais en soit la traductrice était aussi un gage de qualité, car elle a fait des merveilles sur le magnifique roman de Sarah Crossan Inséparables qui avait été un beau coup de coeur pour moi. Bref, toujours est-il que j’ai eu envie de retenter ma chance et quand j’ai vu que ce court roman était dispo sur Netgalley, c’était l’occasion rêvée ! Et je ne suis pas déçue de l’expérience. Critique.

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour cette lecture.

L’histoire

Jess  a 17 ans et elle vient d’avoir un bébé. Bon… pas n’importe quel bébé  : un bébé caribou. Personne ne sait comment c’est arrivé. On n’avait rien détecté. Avec Nick, son copain bien humain, Jess apprend à accepter l’absurdité de la vie, à devenir mère, à comprendre que son enfant est un individu, parfois encombrant, mais un individu à part entière. Un être qu’il faut choyer… et savoir laisser vivre et libérer le moment venu.

Mon avis

Une ado qui accouche… d’un caribou, avouez que ce n’est pas banal ! Avec une telle accroche, ma curiosité a été piquée, et j’ai commencé ce roman non sans appréhension. Une histoire aussi absurde, ça passe ou ça casse, mais pour ma part, mission réussie, elle m’a séduite. Nous sommes donc plongés dans les pensées de Jess, 17 ans, une jeune fille à l’humour délicieusement cynique qui se retrouve contrainte bon gré mal gré de faire face à ce petit imprévu dans sa vie. Pas de leçon de morale sur les grossesses adolescentes ici, juste une histoire rocambolesque qui s’avère, contre toutes attentes, plutôt attachante ! Et puis avouez qu’un bébé caribou, c’est vraiment trognon… C’est aussi l’occasion de pas mal de bêtises, et j’ai bien souri à lire toutes les catastrophes causées par cet enfant pas comme les autres.

Nous avons assez peu de détails sur les héros, mis à part notre héroïne Jess, qui m’a semblé juste et touchante dans ses questionnements de jeune maman, malgré le ridicule de la situation! Evidemment, avec un tel sujet, j’ai eu du mal à m’identifier aux personnages, mais cela ne m’a pas gênée. Clairement, le but n’est pas d’être ému ou de se reconnaître, ici. Quel est-il alors? Bonne question…Ce roman me semble être une métaphore de la différence, et j’avoue que je me suis cassé la tête un moment à essayer de transposer cette histoire dans un contexte plausible. Bébé Caribou est stigmatisé et exclu en raison de qui il est, ses propres parents ont du mal à s’y attacher, déçus de ne pas avoir un petit garçon tels qu’ils en rêvaient… C’est finalement le cas de tous les bébés en situation de handicap, non? J’ai beaucoup aimé ce second niveau de lecture, qui nous prouve que finalement, « Caribou baby » n’est pas JUSTE une fantaisie totalement absurde!

Et pourtant, d’absurdité, il est bel et bien question ici, et pas qu’un peu… Je dirais que seule une anglaise pouvait pondre un roman aussi absurde, qui élève le non sens au rang d’art, et si vous aimez le pince-sans-rire humour British, vous devriez vous régaler. Je comprends ce que Clémentine Beauvais, auteure et traductrice anglophile, est allée faire dans cette aventure! Pour conclure, est-ce que je vous recommanderais ce roman? Eh bien ma réponse est mitigée, pour des aspects tout à fait matériels… Même si j’ai beaucoup aimé cette lecture, originale et pas si vite oubliée car elle n’a rien à voir avec mes romans Young Adult habituels, j’ai été un peu choquée de la vitesse à laquelle j’ai lu ce livre de moins de 100 pages, agrémentés d’illustrations. Je pense bien qu’en une grosse vingtaine de minutes, l’affaire était pliée. Même cette chronique m’a pris plus longtemps!  Forcément, il y a peu de détails, l’histoire se déroule vite et je suis restée sur ma faim. Honnêtement, si je ne l’avais pas reçu en service presse numérique, je ne sais pas si j’aurais été prête à payer 12 euros pour une lecture aussi courte. Je vous le conseillerais donc si sa petite taille ne vous rebute pas, si vous arrivez à le trouver en bibliothèque ou en occasion, si vous aimez le non sens à la British, ou encore les lectures qui sortent des sentiers battus… En tout cas, une chose est sûre, je me souviendrai de « Caribou baby » comme d’un roman étonnant et plein de surprises…

Caribou baby, par Meg Rosoff, traduit par Clémentine Beauvais, aux éditions Rageot (2018), 12 euros.

2 commentaires sur “Caribou baby

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