Le secret le plus sombre

J’ai été totalement séduite par les deux premiers ouvrages à suspense de la collection Charleston Noir, et j’étais presque sûre de passer un tout aussi bon moment avec cette nouveauté! Je n’y suis pas trompée. Malgré quelques longueurs, « Le secret le plus sombre » est un très bon roman psychologique. Critique.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture.

L’histoire 

Jusqu’où iriez-vous pour protéger vos enfants ?
Dans la famille Lattimore, Eve, la mère, est le socle. David, son mari, s’absente la semaine pour son travail et elle doit tout gérer : la crise d’adolescence de leur fille Melissa, et surtout la sécurité de leur fils Tyler, qui souffre d’une maladie rare, la maladie des «enfants de la lune » : la moindre exposition aux rayons du soleil peut lui être fatale. Pour éviter tout accident, leur maison, sous la vigilance d’Eve, est devenue une véritable forteresse.
Entièrement dévouée à son fils, Eve ne se rend plus compte de rien. Que fait Tyler lorsque tout le monde dort ? Que lui cache sa fille qu’elle ne reconnaît plus ? Et que sait-elle vraiment de l’existence de David, à des milliers de kilomètres de là ?
Quand un événement dramatique frappe Eve de plein fouet, elle prend une terrible décision : pour elle, sa famille passe avant tout. Mais pourra-t-elle vraiment la sauver ?

Mon avis

« Le Secret le plus sombre » n’est pas un thriller comme les autres. Tout d’abord, nous connaissons le fameux secret dès les toutes premières pages : malgré quelques petits mystères, il n’y a donc pas véritablement de suspense dans ce roman, et j’avoue que cela peut dérouter. Je dois dire que je préfère les thrillers un peu plus page turners, et à cause de sa lenteur, j’ai mis plus de temps que prévu à déguster celui-ci, même si je l’aimais beaucoup. J’aurais peut-être préféré un peu plus de suspense pour me maintenir accrochée, et si c’est un ingrédient indispensable pour vous, je doute que vous preniez du plaisir avec cette lecture. Mais pour moi, cela n’a pas été un  réel problème. Il faut dire que l’auteure, Carla Buckley, compense largement ce petit défaut en construisant avec talent un véritable roman d’ambiance. Je me suis laissée envahir avec beaucoup de plaisir par l’atmosphère pesante et glaçante de ce roman. J’ai beaucoup aimé le climat suffoquant de suspicion entre voisins instauré par l’auteure et qui n’est pas sans rappeler les romans de Liane Moriarty.

Mais si ce roman est un domestic suspense qui sort de la norme, ce n’est pas que pour son manque d’addictivité (et heureusement!). Ce roman se distingue de la masse de thrillers disponibles dans les rayons des librairies par l’émotion qu’il dégage. Cette histoire possède une véritable intensité dramatique, je ne m’attendais pas à être aussi bouleversée par un roman noir! Plutôt que de parler de thriller, je préfèrerais qualifier ce roman de roman psychologique tant l’auteure, Carla Buckley, est douée pour explorer les tréfonds de l’âme de ses héros. Chacun des personnages principaux est confronté tôt ou tard à un cas de conscience, et en particulier Eve, la mère dévouée, dont le destin m’a bouleversée. Dans ce roman, un drame survient, qui modifie l’harmonie tranquille d’un quartier paisible. Les secrets de tous les voisins sont révélés, à commencer par ceux de nos héros, la famille Lattimore, dont chaque membre a bien des choses à cacher.. Les apparences volent vite en éclats et les 4 membres de la famille nous sont présentés sur un jour peu flatteur. Mais bizarrement, cela ne m’a fait que les apprécier d’autant plus car j’ai été frappée par leur humanité et émue par leurs fêlures! J’ai aussi été touchée par le sort du personnage de Charlotte et en particulier par le dénouement plein d’espoir la mettant en scène, qui me semble tout simplement parfait.

Via le personnage de Tyler, Carla Buckley met aussi en lumière une maladie dont on parle pas : la Xeroderma Pigmentosum, mieux connue sous le nom de « maladie de l’enfant de la lune »: les enfants qui en souffrent ont une faible espérance de vie, mais surtout ne peuvent jamais s’exposer à la lumière du soleil sous peine de graves lésions et sont condamnés à vivre la nuit et à ne jamais sortir. J’avais déjà lu sur ce thème la BD Journal d’un enfant de la lune et la romance ado « Midnight Sun », mais ces deux lectures étaient destinées à un jeune public, et je trouve en toute logique que l’approche de Carla Buckley est beaucoup plus réaliste. L’auteure nous fait vivre le quotidien difficile du jeune et attachant Tyler et au delà de l’aspect instructif, c’est vraiment très touchant. Carla Buckley nous démontre aussi à quel point le poids de cette maladie impacte par ricochet chaque membre de la famille et même du voisinage. Enfin, ce thriller se démarque encore des autres, car malgré la dureté du sujet abordé et les secrets sombres qui sont révélés, il y a beaucoup d’amour entre les membres de la famille dans ce roman. Décrit comme sombre jusque dans son titre, j’ai été surprise par le côté lumineux de ce roman qui est une belle surprise. Il n’a absolument pas répondu à mes attentes en la matière suite à la lecture du résumé, je ne sais pas s’il s’agit vraiment d’un suspense au sens où on l’entend, mais il s’avère quand même original et de grande qualité.

Le Secret le plus sombre, par Carla Buckley, aux éditions Charleston, collection Charleston Noir (2018), 22 euros 50. 

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