La turbulette

En surfant sur la plateforme Netgalley, je suis tombée un peu par hasard sur le résumé plus qu’alléchant de ce premier roman autoédité et je n’ai pas pu résister à l’envie de le solliciter en service de presse. Cette histoire, qui me semblait d’une grande originalité, m’a tout de suite attirée. Je suis bien heureuse d’avoir laissé parler ma curiosité car j’ai passé un moment aussi court qu’agréable avec ce petit roman. Critique.

Merci à Librinova et à Netgalley pour cette lecture.

L’histoire

Myriam, créatrice de vêtements pour enfants, s’apprête à prendre sa retraite. Tessy, jeune maman épuisée, ne supporte plus les remarques déplacées de sa belle-mère. Sofia, comédienne paumée, voit sa vie se déliter et se confie à Marguerite, sa grand-mère italienne adorée. Victoire, sa sœur, joue de son côté à l’épouse modèle dans sa propriété du sud de la France, sous le regard de la femme de chambre Mai. Quant à Kim, elle est bénévole à l’orphelinat vietnamien dans lequel Lucy s’apprête à adopter sa fille. Par le plus pur des hasards, la turbulette va passer de main en main, et devenir pour chacune d’entre elles, le symbole d’un événement marquant de leur vie.
De Paris à Hanoï, huit femmes, différentes et pourtant si proches dans leurs interrogations et leurs doutes. Huit manières de vivre et de penser la maternité, symbolisée par cette turbulette. Un conte de fées moderne, à la fois tendre et drôle.

Mon avis

Le résumé, très prometteur, me faisait penser à celui de « La tresse », roman phénomène de l’année 2017 dont j’avais beaucoup apprécié l’originalité. Pourtant, ici, ce n’est pas par une tresse que des femmes n’ayant rien en commun et vivant à des endroits différents sont liées, mais par une turbulette. Qu’est-ce que c’est que ça ? J’avoue m’être posée la question, et après une recherche Google, j’ai appris que « turbulette » était synonyme de « gigoteuse », bref, un vêtement de bébé. Après cette petite précision nécessaire, j’avais tous les éléments en main pour me plonger dans ce premier roman de Vanessa Valence, une histoire originale que j’ai savourée du début à la fin.

Ce roman est assez court : il fait une petite centaine de pages, et chacun de ses chapitres est conçu comme une petite nouvelle, dédiée à une femme différente dont nous apercevons un instant de vie décisif. Myriam déprime à l’idée de prendre sa retraite, Tessy est dépassée par son premier bébé, Sofia est perdue dans une histoire d’amour compliquée, et j’en passe… Ces héroïnes n’ont rien en commun, mais sont pourtant liées par une turbulette, qui va croiser leur route et passer de l’une à l’autre, modifiant leur destin pour toujours. Ce roman véhicule l’idée que les objets ont une âme, et j’ai d’ailleurs beaucoup aimé les quelques passages racontés par… la turbulette « en personne » ! Avouez que ce n’est pas banal…

Malgré la grande diversité d’histoires proposées (on voyage de Paris au Vietnam, des riches familles bourgeoises à des milieux moins aisés), il y a une grande cohérence entre toutes ces histoires, qui forment bel et bien un roman à part entière et sont liées de bien des manières. J’ai adoré les petits clins d’œil que l’auteure Vanessa Valence parsème d’une histoire à l’autre, comme autant de liens entre ces femmes qui vont se croiser, s’aider parfois… « La turbulette » est un roman choral réussi, particulièrement bien ficelé : tout se tient et l’on comprend que même le plus petit évènement ne se déroule pas par hasard, puisqu’il pourra avoir des répercussions sur la vie d’une autre femme, à des kilomètres de là. J’avoue avoir été totalement séduite par la grande originalité de ce roman, composé d’un ensemble de petites histoires différentes qui ensemble prennent sens. A ce titre, j’ai particulièrement aimé l’épilogue, où nous retrouvons chacun de nos personnages quelques temps plus tard et apprenons en quelques lignes ce qu’ils sont devenus !

Si j’ai d’abord été séduite par « La turbulette », c’est donc pour le concept plus qu’original qui est à la base de cette histoire. Mais c’est loin d’être la seule qualité de ce petit roman à dévorer : chacune de ces nouvelles vaut la peine d’être lue pour elle-même, toutes s’avèrent touchantes et sont de beaux portraits de femmes.

Vanessa Valence réussit à développer en peu de pages la psychologie de ses personnages. Elle leur donne véritablement vie, dresse leur biographie et nous les rend attachants, d’autant plus que nous les accompagnons dans leurs moments de joie, mais aussi à des instants critiques de leurs existences. Chaque histoire m’a intéressée, voire même captivée. Les thèmes abordés sont variés, mais le thème clé qui revient comme un fil rouge est celui de la maternité. Eh oui, la turbulette étant un vêtement de bébé, je me doutais que l’auteure allait nous parler du lien mère-enfant, mais elle le fait de façon très pertinente, en nous démontrant qu’il n’y a pas deux familles identiques, mais que malgré les différences, toutes ou presque ont en commun l’amour, dont sera baigné la trajectoire de cette turbulette. On peut qualifier cette histoire de feel good, puisqu’elle regorge de beaux messages déculpabilisants sur la maternité et a su me donner le sourire aux lèvres ! Ce roman choral, bien que court, m’a semblé tout simplement parfait : je l’ai dévoré d’une traite et été bluffée par le talent de l’auteure, dont je suivrai la carrière de très près.

La turbulette, par Vanessa Valence, autoédité chez Librinova (2018), 14 euros et 5 euros en e-book. 

 

 

2 commentaires sur “La turbulette

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  1. Et bien quel bel avis ! Je l’ai lu il y a un mois et tout comme toi je me suis régalée. J’ai bcp aimé le belle cohérence de l’histoire et cette jolie panoplie de personnages. L’auteure mérite qu’on la suive !

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