Une présence dans la nuit

La collection Le Cercle chez Belfond constitue pour moi une valeur sûre. Les romans publiés sont toujours d’une grande diversité, mais dans chaque genre, il s’agit bien souvent de pépites. Après avoir beaucoup apprécié La disparue de Noël, le thriller proposé l’hiver passé par les éditeurs, j’étais curieuse de découvrir « Une présence dans la nuit », un nouveau domestic suspense prometteur pour frissonner encore plus lors des longues soirées d’hiver. Et encore une fois, j’ai passé un très bon moment!

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture. 

L’histoire

Vie parfaite ou parfait mensonge ?

Infirmière en soins intensifs, Alice Taylor le sait : séparer travail et sentiments est primordial dans son métier. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente fait bientôt chavirer cette ligne de conduite…
Fauchée par un automobiliste anonyme, Cassie Jensen est plongée dans un coma dont personne ne sait si elle sortira un jour. Mais alors que la famille de la jeune femme se précipite à son chevet, Alice s’interroge : pourquoi nul ne semble dévasté de chagrin ? Ignorent-ils tous la grossesse de Cassie ? Se pourrait-il qu’elle ait caché d’autres secrets à ses proches ?
De son lit, face à celui de Cassie, Frank aussi observe. Il sait que Cassie est en danger ; il connaît même l’identité du chauffard et son mobile. Pourtant, Frank ne peut rien révéler. Atteint du syndrome d’enfermement, cet homme est prisonnier de son propre corps, et seules ses paupières peuvent bouger… Mais parviendra-t-il à se faire comprendre d’Alice, avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis 

J’ai beaucoup aimé l’originalité de ce thriller. Cette fois, l’enquête est menée par… un homme dans le coma, qui ne peut communiquer avec le monde extérieur ! Avouez que ce n’est pas banal. Par sa construction, « Une présence dans la nuit » se démarque ainsi joliment des nombreuses enquêtes « classiques », qui suivent souvent le même schéma. Cela ne l’empêche pas d’être tout aussi passionnant et addictif, puisque je me suis laissée happer du début à la fin par cette enquête dont il est presque impossible de prédire le coupable jusqu’à la dernière minute. On en vient à soupçonner tout le monde, mais le coupable est loin d’être le suspect le plus évident. Pour ma part, j’avais quelques doutes, mais je me suis quand même laissée berner par cette histoire sous haute tension. J’ai beaucoup aimé qu’Emily Elgar, l’auteure, fasse travailler nos méninges en multipliant les fausses pistes dans lesquelles je me suis laissée prendre avec plaisir. Certes, je ne suis pas la plus grande lectrice de thrillers et je ne suis pas forcément aguerrie à repérer les grosses ficelles, mais je reste persuadée que ce roman comporte son lot de rebondissements surprenants !

Pourtant, ce suspense omniprésent n’est pas le seul atout d’ « Une présence dans la nuit ». Certes, c’est un très bon thriller, mais ce n’est pas que ça! J’ai été surprise de l’intensité émotionnelle qui se dégageait de cette histoire, justifiant ainsi sa place dans la collection Le Cercle de Belfond, qui se centre souvent sur des personnages forts et des histoires sensibles. « Une présence dans la nuit » est une histoire qui s’est révélée étonnamment touchante. La narration alterne entre 3 points de vue : celui d’Alice, l’infirmière, de Cassie, via des flash backs nous expliquant ce qui lui est arrivé, et de Frank, l’homme dans le coma qui tente de mener l’enquête. Chacun de ces personnages est très bien développé psychologiquement, ce qui nous les rend particulièrement attachants. Chacun possède une histoire forte, souvent pleine d’émotion, qui permet à l’auteure d’aborder des sujets sensibles avec beaucoup de pudeur, comme le deuil ou encore le désir d’enfant. Frank est sans nul doute le plus touchant : cet homme, prisonnier de son corps et du syndrome d’enfermement, tente le tout pour le tout pour se réveiller, afin de retrouver sa fille chérie, mais aussi d’aider Cassie. Ce personnage est généreux, altruiste, honnête et m’a semblé d’un grand courage. Sa détresse m’a fortement émue et a su me sensibiliser au syndrome d’enfermement, une maladie que je ne connaissais pas. Je pense que ce personnage si fort et singulier restera longtemps gravé en moi.

Emily Elgar est en tout cas très forte pour créer des portraits sensibles de ses héros, et cette qualité la distingue de beaucoup d’auteurs de thrillers, pour qui le développement des personnages passe au second plan ! Cependant, cette histoire est un thriller avant tout psychologique et par conséquent, le rythme est parfois un peu lent. Pour ma part, cela ne m’a dérangée, mais si vous êtes des amateurs d’histoires rythmées et pleines d’action à la Harlan Coben, vous risquez d’être déçus.

En résumé

« Une présence dans la nuit » est un très bon thriller proposé par Le Cercle Belfond et j’ai été tenue en haleine jusqu’à la fin ! La trame est très originale, puisque l’enquête est réalisée par… Frank, un homme dans le coma et atteint du syndrome d’enfermement. Ce thriller psychologique possède l’avantage d’être beaucoup plus original que la plupart des autres, et il s’avère aussi par moments très émouvant, notamment dans le portrait de ses personnages qui sont finement travaillés.

Une présence dans la nuit, par Emily Elgar, aux éditions Belfond, collection Le Cercle (2018), 21 euros. 

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