Gros sur le coeur

Carène Ponte est une auteure dont j’adore lire les romans feel good. Ses livres ont ce grain de folie qui me permet à coup sûr de passer un moment détente particulièrement agréable, en oubliant tous mes soucis. Pourtant, la dernière parution de l’auteure est une histoire loin d’être joyeuse… Pour son premier roman jeunesse, Carène Ponte aborde le thème dramatique du harcèlement scolaire, un fléau malheureusement loin d’être fictif. J’étais curieuse de découvrir l’auteure dans ce nouveau registre et je dois dire qu’elle m’a totalement convaincue avec ce roman au ton grave, mais nécessaire. Critique.

 Un grand merci à l’auteure Carène Ponte pour cette lecture.

L’histoire

C’est l’histoire d’une adolescente sans doute un peu trop ronde, sans doute un peu trop fragile.
C’est l’histoire d’un nouveau lycée, des yeux qui dévisagent, des yeux qui jugent.
C’est l’histoire d’un professeur d’allemand qui séduit.
Mélissa, 17 ans, suit ses parents dans une nouvelle ville, un nouveau lycée.
Année de terminale sur la corde raide. Année charnière entre dégoût de soi, et renaissance.

Mon avis

J’ai été très touchée par ce roman, qui aborde avec tact le sujet délicat du harcèlement scolaire. L’auteure elle-même l’a vécu, et son roman n’en semble que plus douloureusement authentique. La descente aux enfers de Mélissa nous est racontée à la première personne, et cela m’a permis de me sentir très proche de cette jeune fille. En effet, qui ne s’est jamais senti complexé, mal dans sa peau, un peu trop gros ? Le manque de confiance en soi touche tout le monde et est d’autant plus répandu à l’adolescence, cette période charnière qui peut aussi être compliquée, parfois même cruelle au point que l’on préfère ensuite s’efforcer de l’oublier. Ce manque de confiance en soi est une faille dont vont profiter les harceleurs pour mettre leur victime plus bas que terre. Et c’est ce qui arrive malheureusement à Mélissa…

Contrairement aux autres romans de l’auteure, « Gros sur le cœur » est loin d’être feel good. C’est une histoire d’autant plus dramatique qu’elle est réaliste et est probablement en train d’arriver dans la vraie vie à des millions de jeunes en ce moment même. Pourtant, aussi dur que soit ce roman, il est particulièrement nécessaire, parce qu’il permet de prendre conscience des conséquences souvent insidieuses de ce harcèlement. Égoïstement, je préfère lire des romans feel good, car je préfère les histoires douces, qui me font me sentir bien. Mais la souffrance fait aussi partie de la vie, on ne peut le nier. Ce roman à fleur de peau nous aide à en prendre conscience et à ce titre, il m’a semblé d’utilité publique.

Je ne peux pas dire que j’ai « aimé » une telle histoire, du genre que l’on n’aimerait jamais avoir à lire. Mais « Gros sur le cœur » est un roman nécessaire, une histoire au ton grave à faire lire aux plus jeunes et qui devrait être étudiée dans les écoles. Pour son premier roman jeunesse, Carène Ponte arrive très bien à trouver le ton juste, simple sans être trop niais, pour parler au plus grand nombre. Aux jeunes, bien sûr, mais aussi aux adultes, qu’elle incite ainsi à la vigilance.

Sans être trop parfaite ou idéalisée, Mélissa est un personnage particulièrement attachant auquel n’importe qui peut s’identifier : ses réactions m’ont semblé crédibles, comme son désir de vengeance qui ne lui apportera aucun soulagement. C’est une jeune fille mal dans sa peau, en rejet des autres, qui vous rappellera certainement un(e) ado de votre entourage ou vous-même. Quant à la relation qu’elle entretient avec son prof d’allemand, j’ai été partagée à ce sujet. Au début, j’ai trouvé que cette intrigue secondaire n’apportait rien à une histoire déjà riche qui n’avait pas besoin de ça et en dénaturait le propos. Mais très vite, j’ai compris le message que Carène Ponte essayait subtilement de faire passer… Cette relation ne peut en rien être appelée une histoire d’amour (et au passage, Carène Ponte se situe ici en rupture avec certains romans YA américains qui glamourisent les relations profs-élèves de façon assez insupportable). Il ne s’agit de rien d’autre que d’une relation toxique, abusive, qui est justement une conséquence indirecte du harcèlement, contre laquelle l’auteure veut nous mettre en garde. Le message de l’auteure est en fait plus profond qu’il n’y paraîtet elle arrive à le faire passer de façon très pédagogique.

Bref, « Gros sur le cœur » est un roman douloureux et nécessaire, qui traite avec beaucoup de justesse du harcèlement et de ses répercussions. Un ouvrage d’utilité publique.

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteure à plusieurs reprises, et c’est toujours très agréable d’échanger avec elle ! Toujours très naturelle, elle a cette fraîcheur et cette bonne humeur qui se retrouvent dans ses histoires feel good. Sur la photo, vous pouvez voir ma dernière rencontre en date avec elle, en décembre lors du salon du livre de Montreuil. Sur la deuxième image, en revanche, je vous partage cette dédicace que j’ai eu la surprise de trouver dans mon exemplaire du roman envoyé par l’auteure. J’ai été très heureuse de cette gentille attention.

 

De la même auteure :Un merci de tropAvec des si et des peut-être  

Gros sur le cœur, par Carène Ponte, aux éditions Michel Lafon poche (2018), 6 euros 60.

 

 

 

4 commentaires sur “Gros sur le coeur

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