La femme qui voit de l’autre côté du miroir

Il y a un moment maintenant, j’avais reçu le roman « La femme qui voit de l’autre côté du miroir » de la part de l’éditeur Eyrolles. J’étais curieuse de découvrir ce roman, qui s’inscrit dans la mouvance body positive, mais ma PAL étant ce qu’elle est, je n’avais pas encore eu l’occasion de le faire.. Les choses ont changé quand j’ai appris la venue des 2 auteures au salon Livre Paris : je me suis décidée à lire ce roman afin de pouvoir en discuter avec elles sur place, et j’ai très bien fait ! Car ce fut une lecture enrichissante. Critique.

Merci aux éditions Eyrolles pour cette lecture.

L’histoire

Lucie fête ses 25 ans en famille. Comme d’habitude, sa mère n’a pas prévu de gâteau : le poids de Lucie la range, selon les médecins, dans la catégorie des obésités modérées. Lucie a trente kilos en trop. Trente kilos dont ni le sport ni les régimes ne sont jamais venus à bout…

Quand elle fait le bilan de ses efforts, Lucie se dit qu elle a le choix entre :

1. Avoir faim non-stop tout en faisant du sport à outrance.

2. Continuer de grossir et mourir d’un infarctus trop jeune.

À la table familiale, elle fait une déclaration tranchante : pour son anniversaire, elle va s’offrir une chirurgie bariatrique. Avant l’opération, le protocole prévoit un rendez-vous avec une psy. Pour Lucie, il s’agit surtout d’obtenir que la psychanalyste signe en bas du formulaire et autorise l’intervention. Mais cette première rencontre s ouvre sur d’autres entretiens au cours desquels Lucie interrogera son rapport à son corps, à l’autre et au monde. Lucie optera-t-elle finalement pour la chirurgie ou trouvera-t-elle une autre voie pour se sentir bien dans sa peau ?

Mon avis

J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai trouvé beau, profond et émouvant. L’histoire est celle de Lucie, une jeune femme très mal dans sa peau qui se cache derrière ses 30 kilos en trop comme derrière une armure pour se protéger des autres. Notre héroïne ressent un profond mal-être, qui est encore aggravé par les réflexions indélicates de sa famille. N’en pouvant plus, elle décide de passer par la case chirurgie afin de se débarrasser de ce poids qui l’encombre.. Mais, mince, serait-elle vraiment plus heureuse?

Ce roman explore avec intelligence notre rapport au poids, au corps et aux complexes plus généralement. À travers le destin de Lucie, et par le biais de la fiction, les deux auteures font passer un message nécessaire d’acceptation de soi. Lucie, un peu contrainte et forcée à la base, se rend chez la psychanalyste et au fur et à mesure de son introspection, apprendra à s’ouvrir aux autres et comprendra qu’elle n’est pas définie par son poids ou par ses complexes. L’idée n’est pas forcément de prôner le surpoids et d’empêcher les personnes concernées de maigrir si elles en ont besoin : ce roman fait plutôt passer le message que l’on n’est pas défini par notre enveloppe corporelle, mais bien par l’attitude que l’on dégage.

Les 2 auteures sont, chacune à leur manière, spécialistes du sujet. Daphnée Leportois est journaliste spécialisée en « body positive », tandis que Catherine Grangeard, elle, se dédie à la psychanalyse et plus particulièrement à l’accompagnement des personnes en surpoids. Cette expertise se sent et constitue un vrai plus au niveau pour le roman  : les auteures n’ont pas besoin de nous assommer de discours théoriques pour justifier leur propos. Elles savent de quoi elles parlent, et cela se sent. Avec des mots simples et choisis, elles nous racontent l’existence de Lucie, personnage attachant à la psychologie particulièrement fouillée,  sans doute parce qu’une psy est à l’origine de l’ouvrage !

L’histoire qui nous est racontée, bien qu’elle ne soit pas particulièrement riche en rebondissements, m’a semblé très intéressante et se lit sans déplaisir. Nous suivons Lucie dans son voyage intérieur et dans son introspection, pour tenter de trouver l’origine de son mal-être. Au fur et à mesure de son cheminement, la jeune femme, obsédée par son poids, va changer de perspective, mais surtout, va apprendre à se reconnecter aux autres. La rencontre avec un nouveau voisin très avenant donnera à Lucie l’impulsion nécessaire pour sortir de sa coquille et pour apprendre à nouer des liens avec les personnes qui l’entourent. Cette héroïne m’a beaucoup touchée : elle nous raconte son histoire, non sans humour, et j’ai aimé l’accompagner dans son combat vers l’acceptation d’elle-même. Avec ce roman, les auteures nous dressent un beau portrait de femme, dans lequel pas mal d’entre nous devraient se reconnaître par certains côtés!

« La femme qui voit de l’autre côté du miroir » est un livre inspirant, qui diffuse de beaux messages et nous pousse à nous remettre en question. Si l’on n’est pas concerné, il peut aussi nous aider à comprendre ce qui se passe dans la tête des personnes complexées par leur poids, ou de celles qui sont stigmatisées à cause d’une particularité physique, quelle qu’elle soit. Ce roman est nécessaire, parce qu’il nous apprend à nous mettre dans la peau de ceux qui ne nous ressemblent pas, nous poussant ainsi à plus de tolérance, de bienveillance et de compassion. Bref, un livre déculpabilisant à découvrir, surtout si vous vous intéressez au développement personnel et au mieux-être.

Lors du salon Livre Paris, j’ai pu échanger un moment avec les 2 auteures lors de leur dédicace sur le stand Eyrolles ! Ce fut une discussion très enrichissante : elles ont pris le temps de m’expliquer comment elles s’y étaient prises pour écrire ce roman à 4 mains, comment l’idée de l’intrigue avait germé dans leur tête, etc. Si vous les croisez sur un salon, je vous conseille d’aller à la rencontre de ces 2 auteures passionnées et bienveillantes ! 

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La femme qui voit de l’autre côté du miroir, par Catherine Grangeard et Daphnée Leportois, aux éditions Eyrolles (2018), 14 euros.

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