Rien qu’à moi

La qualité des romans de la collection Milady Suspense n’est pour moi plus à prouver. Je n’ai jusqu’à présent jamais été déçue par leurs parutions, des thrillers psychologiques plus addictifs les uns que les autres. À vrai dire, désormais, je m’y jette à l’aveugle, sans même avoir besoin de lire le résumé ! Je suis assurée de passer un bon moment à frissonner et à me triturer les méninges. C’est ainsi que je me suis plongée dans « Rien qu’à moi », nouveauté sortie récemment en librairie et que j’ai eu la chance de découvrir avec un peu d’avance. Et une fois de plus, j’ai été scotchée ! Critique.

Merci aux éditions Milady pour cette lecture. 

L’histoire

Stella Widstrand est une femme comblée, elle a un mari et un fils qu’elle aime plus que tout au monde. La petite vie tranquille de cette psychothérapeute vole en éclats le jour où elle reçoit une jeune patiente, nommée Isabelle. Elle est convaincue qu’Isabelle n’est autre que sa fille, Alice. Ce bébé qui a disparu dans des circonstances tragiques, lors de vacances en famille à la mer. Tout laisse à penser qu’Alice s’est noyée, mais son corps n’a jamais été retrouvé. Stella a toujours été convaincue au fond d’elle qu’Alice était vivante. Mais ne prend-elle pas ses désirs pour des réalités  ?

Mon avis

« Rien qu’à moi » est un thriller diabolique des plus réussis, qui a pour thème l’amour maternel. L’auteure, Elisabeth Norebäck, excelle dans l’art de cultiver un climat de suspicion, dans lequel on ne peut plus se fier à personne, pas même à l’héroïne et narratrice Stella. Je dois dire que ce procédé narratif est assez fréquent dans les « domestic suspense », mais cela ne m’a pas empêchée de l’apprécier à sa juste valeur. Il est d’autant mieux appliqué ici que ce roman compte non pas une mais 3 narratrices perturbées. L’auteure donne en effet la parole à chacune des femmes impliquées dans cette sombre affaire : d’un côté, nous avons Isabelle, la fille perdue et de l’autre, les deux femmes au bord de la folie qui prétendent être sa mère. Qui croire? Comment démêler la vérité ? À qui peut-on faire confiance?

Durant ma lecture, j’ai été perdue à de multiples reprises. Je me suis posée de nombreuses questions, d’autant plus que, comme dans tout bon thriller, l’auteure multiplie les fausses pistes. Pourtant, pour être honnête, je dois dire que j’avais un coup d’avance sur  l’intrigue, puisque j’avais deviné une bonne partie des rebondissements avant qu’ils ne surviennent, et toutes mes hypothèses se sont avérées exactes. Ne vous y trompez pas, ce roman n’est pas particulièrement prévisible, mais je commence à devenir habituée aux thrillers psychologiques et à force d’en lire, je repère plus facilement les grosses ficelles. Puisqu’une partie du suspense avait donc été levée pour moi, je dois dire que ma lecture a parfois été un peu plus lente. Il y a parfois des longueurs dans ce long roman (pratiquement 500 pages!), que je ne qualifierais pas donc de page turner.

Une fois le négatif mis de côté, il est temps pour moi de vous parler des nombreux aspects positifs de ce roman, qui reste un excellent domestic suspense. Pour commencer, même si cela n’est à aucun moment précisé sur la quatrième de couverture, « Rien qu’à moi » est un roman nordique, suédois en l’occurence, et si vous en avez déjà lu, vous savez peut-être que les polars venus du froid ont souvent pour eux une atmosphère pas comme les autres, un peu brumeuse. Ce climat, glacial dans tous les sens du terme, est propice aux crimes en tous genres… C’est bel et bien le cas ici : toute l’histoire se passe dans la ville de Stockholm, mais aussi dans plusieurs petits villages de la campagne suédoise, où l’ambiance est particulièrement oppressante. Je dois dire que ce cadre dépaysant constitue pour moi un gros plus, car il contribue à créer une ambiance angoissante, sombre et pesante, et donc à faire monter le suspense.

J’ai également aimé l’émotion qu’Elisabeth Norebäck réussit à insérer dans son histoire. C’est plutôt surprenant dans un thriller, mais pourtant, j’ai trouvé les 3 héroïnes très attachantes, bien qu’elles ne soient peut-être pas toutes irréprochables (mais ça, je vous laisse le découvrir durant votre lecture!). La narration à la 1ère personne nous pousse à nous y identifier, et, thriller psychologique oblige, leur psychologie est particulièrement creusée. L’auteure prend le temps de nous expliquer les motivations de toutes leurs actions, même les plus folles, et cela confère au roman une intensité tout à fait inédite. Bien sûr, « Rien qu’à moi » est un roman rempli de mystères qui vous feront frissonner, mais il s’agit également d’une histoire qui explore le thème de la maternité et qui peut, à ce titre, s’avérer plutôt touchante. J’ai été particulièrement sensible à la douleur de Stella.

En conclusion, malgré quelques longueurs et des rebondissements un peu prévisibles (en tout cas pour moi), « Rien qu’à moi » est à mes yeux un très bon thriller. Véritable roman d’atmosphère, ce livre est une nouvelle réussite pour la collection Milady Suspense !

Rien qu’à moi, par Elisabeth Norebäck, aux éditions Milady, collection Suspense (2019), 19 euros 50.

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