La reine des pluies

Ce dimanche s’est tenu le dernier Book Club virtuel de la collection Le Cercle Belfond et une fois encore, j’étais de la partie ! J’aime beaucoup ce rendez-vous qui me permet de débattre au sujet d’un livre en compagnie d’autres lectrices passionnées, d’autant plus que les ouvrages mis à l’honneur sont toujours extraordinaires. Cette fois-ci, le livre au programme était « La Reine des pluies », de Katherine Scholes, que j’ai donc lu pour l’occasion. Et une fois encore, ce fut une merveilleuse découverte ! Sans la réédition parue chez Belfond cet été (à la magnifique couverture), je serais passée à côté de cet ouvrage datant de 2003. Et ça aurait été une très grosse erreur ! Critique.

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture.

L’histoire 

De son enfance en Tanzanie, Kate Carrington a essayé d’effacer tous ses souvenirs. Âgée de douze ans lors de l’assassinat de ses parents missionnaires, près de la frontière rwandaise, la jeune femme a fait table rase de ses racines africaines pour se reconstruire en Australie. Bien des années plus tard, alors qu’elle tente de mener une vie normale, Kate fait la connaissance d’une vieille femme mystérieuse, qui l’intrigue autant qu’elle la fascine.

Il faut dire que le destin d’Annah Mason a tout du roman d’aventures. Infirmière dans un hôpital de brousse, faiseuse de pluie dans le bush tanzanien : l’Afrique a révélé à cette Occidentale intrépide un monde d’une magie infinie. Et lui a offert sa plus grande histoire d’amour. Cette vie de passion ne s’est pourtant pas faite sans douleur ni drames. Désormais âgée et malade, celle qui fut la reine des pluies veut soulager sa conscience. Mais ses secrets pourraient bien mettre à mal l’univers fragile de Kate…

Mon avis 

Avec ce magnifique roman, Katherine Scholes nous fait voyager dans des contrées lointaines et mystérieuses. Rien de plus dépaysant ! L’intrigue de « La Reine des pluies » se passe en Australie, mais surtout en Afrique pour l’essentiel. L’auteure nous fait plus précisément découvrir la Tanzanie et ses coutumes. Quel enchantement ! Moi qui connaissais mal le pays et même le continent, j’ai pu découvrir ses richesses cachées grâce à l’écriture formidablement immersive de l’auteure. C’est un vrai régal de lire un roman de Katherine Scholes tant ses descriptions, à la fois poétiques et précises, nous emmènent à des milliers de kilomètres, dans des contrées lointaines. Si vous avez des envies d’ailleurs, n’hésitez pas une seule seconde à vous plonger dans ce roman, qui vous transportera dans une réalité des plus éloignée de la nôtre. Évasion garantie !

À ce stade de ma chronique, vous avez sans doute compris que le cadre m’a plu, m’a même totalement enchantée. Il est vrai que j’aime voyager à travers les livres, explorer d’autres réalités, me plonger dans des pays et des époque auxquelles je ne pourrai jamais avoir accès autrement (ici, l’Afrique post coloniale des années 60). Mais tout cela ne suffit pas pour faire d’une lecture un moment d’exception. L’intrigue a elle aussi toute son importance. Et Katherine Scholes l’a bien compris, puisqu’elle nous livre une magnifique histoire, pleine d’émotion et d’une rare intensité. Les moments forts ne sont pas rares dans ce roman, et je pense que je me souviendrai longtemps des personnages, tous plus singuliers et courageux les uns que les autres. L’auteure excelle en particulier pour les portraits de femmes : toutes autant qu’elles sont, nos héroïnes sont fortes et courageuses, et  ce à une époque où l’émancipation de la femme n’en était qu’à ses prémices. Le point de départ du roman est l’histoire de Kate, qui ne s’est jamais remise de la mort horrible de ses parents, un couple de missionnaires qui ont été massacrés sauvagement en Tanzanie. Mais que s’est-il vraiment passé? Pour le savoir, notre héroïne devra écouter l’histoire qu’une certaine Annah veut lui raconter. Et c’est là le début d’une grande épopée…

Annah se livre à Kate et nous découvrons en même temps son destin des plus incroyables. Jeune australienne issue d’une famille bourgeoise, Annah désire suivre les pas de sa tante admirée et se dédier aux autres. C’est pourquoi elle se lance dans une nouvelle vie et devient infirmière missionnaire en Tanzanie, là où les conditions de travail sont catastrophiques, la population locale parfois hostile, mais aussi tellement généreuse et fascinante. À travers son récit, nous découvrons la croisée des chemins à laquelle se situe le peuple tanzanien, qui a adopté la foi chrétienne mais tente de préserver ses traditions malgré tout. Et ce alors que l’indépendance guette… Ce n’est que le début de l’histoire d’Annah, une histoire incroyable digne des plus beaux romans d’aventure. J’ai en tout cas été sous le charme de cette héroïne d’exception, une femme en avance sur son temps, à l’esprit curieux et ouvert à l’inconnu, prête à tout risquer pour prendre soin de ceux qui en ont besoin ou aider ceux qu’elle aime. Notre héroïne vivra également une histoire d’amour bouleversante et inattendue, qui m’a charmée autant qu’elle m’a déchirée le coeur.  Quelque chose me dit que vous non plus ne pourrez y rester insensible.

Il est difficile de résumer une fresque aussi belle et riche que « La Reine des pluies » en un seul article. Je peux en tout cas vous dire que ce roman d’exception vous réserve des surprises à chaque page. Le livre est épais, puisque l’auteure nous conte la vie d’Annah dans son intégralité ou presque, mais pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. « La Reine des pluies » est une histoire à nulle autre pareille, qui m’a plongée au coeur des traditions africaines dans un pays magnifique au charme authentique. L’atmosphère de ce roman est véritablement envoûtante, teintée de mysticisme, et se situe aux frontières du rationnel. Sans en avoir l’air, j’ai appris de nombreuses choses se rapportant à des domaines variés. Ce livre évoque, pêle-mêle, la décolonisation, le rôle des missionnaires en Afrique (dont je ne savais rien), l’affrontement entre foi catholique et cultes païens, les progrès de la médecine, les conflits politiques en Afrique de l’est, la place des femmes dans une société patriarcale, la « magie » des guérisseurs africains.. L’auteure, Katherine Scholes, a mené à bien un travail de recherche épatant pour nous livrer cette histoire. Elle est en plus bien placée pour en parler, puisqu’elle a elle-même passé son enfance en Tanzanie, étant la fille d’un médecin qui soignait les populations locales, exactement comme son héroïne Kate ! Bref, pour des raisons multiples et trop nombreuses pour être toutes évoquées ici, je vous recommande ce fantastique roman d’évasion sur lequel vous pouvez vous jeter les yeux fermés. Vous ne trouverez pas tous les jours une si belle saga romanesque, un ouvrage qui soit aussi riche, passionnant et surprenant. Entamez vite le voyage !

La Reine des pluies, par Katherine Scholes, aux éditions Belfond, collection Le Cercle (2019), 21 euros.

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