C’était un accident

« C’était un accident » est un roman Young Adult dont j’ai entendu parler pour la première fois sur le compte Instagram de Marie Vareille, une auteure qui est pour moi une valeur sûre. Elle ne tarissait pas d’éloges au sujet de ce premier roman autoédité, et il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour avoir envie de le découvrir. Lorsque je m’y suis finalement plongée, j’ai été séduite dès les premières lignes par cette histoire aussi originale que touchante. Critique.

Merci à l’auteure Isabelle Lagarrigue et à Simplement Pro pour cette lecture.

L’histoire

Je m’appelle Prune. J’ai quatorze ans et quatre mois. Je suis hypersensible (il paraît), ROUSSE (je ne peux pas le nier) et accro aux listes (ma VIE).

Je suis en internat depuis le mois de septembre (à ma demande) car je ne supportais plus de vivre avec mes parents et mes sœurs jumelles de cinq ans.Je ne le sais pas encore, mais dans quelques jours ma vie va basculer. Pas besoin de s’appeler Einstein pour deviner qu’il y aura un avant et un après et que l’enquête, que je mènerai pour comprendre, m’apportera plus que la vérité.

Un roman qui parle d’adolescence, d’amitié virtuelle et IRL, de confiance en soi, de deuil et… d’amour.

Mon avis

Dès les premières lignes de ce roman, j’ai immédiatement accroché à l’univers créé par l’auteure. Prune, son héroïne haute en couleur, m’a aussitôt rappelé d’autres adolescentes bien connues des amateurs de littérature jeunesse, dont j’affectionne particulièrement le franc-parler. Je pense par exemple à Aurélie Laflamme dans la saga éponyme, ou plus récemment à Cléopâtre Wellington, dont le journal intime, rédigé par la talentueuse autrice Diglee, m’a déjà valu quelques fous rires. Bref, a priori, je rangeais Prune dans la même catégorie : celle d’une héroïne irrésistible, drôle et étonnante, qui ne mâche pas ses mots pour notre plus grand plaisir. Il n’y a qu’à lire ses listes, tout simplement jubilatoires, qui parsèment l’ouvrage ! Bref, je m’attendais à un petit plaisir coupable, à une lecture légère et sans surprise. Autant dire que j’étais loin du compte…

Peu après le début du roman et donc du journal intime de Prune survient un évènement tragique qui va venir complètement bouleverser la vie de cette adolescente. Il me paraît difficile de construire le reste de ma chronique sans en parler, donc voilà, je prends le risque de spoiler (si vous ne voulez pas en savoir plus sur l’intrigue, je vous invite à passer immédiatement au dernier paragraphe). L’existence de Prune va donc être bouleversée par le décès aussi soudain qu’inattendu de sa maman docteur en robotique dans un mystérieux « accident ». Que s’est-il vraiment passé? Alors que son monde s’effondre, Prune doit faire face au silence des adultes, qui restent désespérément muets et refusent de lui donner plus de précisions sur les circonstances de drame. Ce roman, si léger et drôle en apparences, prend donc un tour plus grave que prévu, puisque nous accompagnons Prune dans sa difficile reconstruction suite à un deuil difficile à mener. L’adolescence est déjà une époque très difficile, où l’on recherche qui on est, où l’on se sent mal dans sa peau et l’on manque de confiance en soi, mais quand tout cela se conjugue à une perte difficile, il en faut pas pour que les choses virent au drame…Heureusement, Prune a pour elle des alliés fidèles, qui l’aideront dans son processus de résilience : Mathilda, sa meilleure amie qui manie le sarcasme comme personne, le bel Antoine et puis…Spring, robot psy, spécialisé en intelligence émotionnelle, qui avait été créé par sa mère avant son décès. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce personnage pour le moins inattendu, qui donne à l’intrigue une certaine originalité, faisant ainsi de l’ouvrage un roman unique, au thème jamais vu ailleurs.

Vous l’aurez compris, contrairement à ce que laissaient présager les premières pages, « C’était un accident » n’est pas une simple histoire Young Adult destinée à provoquer chez vous de franches rigolades. Ce n’est pas non plus un livre sombre et dramatique sur le deuil et l’adolescence, le genre dont la lecture assombrit notre humeur. Si je veux être honnête, je dirais qu’il s’agit plutôt d’un subtil mélange des deux, un cocktail détonnant qui fonctionne étrangement bien! Il s’agit en effet d’un livre singulier, qui oscille sans cesse entre rire et larmes. J’ai eu le coeur serré et même les larmes aux yeux à certains moments, mais j’ai franchement éclaté de rire à d’autres, séduite par certaines des drôles de réflexions existentielles de notre jeune héroïne attachante ! Dans ce roman plus profond qu’il n’y paraît, des thèmes difficiles sont abordés, mais ces sujets sensibles sont aussitôt dédramatisés par un humour salvateur. J’ai beaucoup aimé cette histoire, qui m’a paru touchante et juste. Il m’a semblé que l’auteure Isabelle Laguarrige abordait particulièrement bien la période de l’adolescence, s’exprimant avec authenticité et sincérité. Je pense que ce livre pourrait vraiment aider les ados traversant une épreuve similaire. Mais même les autres lecteurs, jeunes et moins jeunes, sauront sans problème y trouver leur compte tant ce roman est qualité Rédigé d’une plume brillante, non dénué d’humour ni d’originalité, sensible et pertinent… »C’était un accident » a tout de la petite pépite littéraire à découvrir absolument ! Du très grand Young Adult.

C’était un accident, par Isabelle Lagarrigue, autoédité chez Librinova (2019), 13 euros 90 et 4 euros en e-book.

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