Les veuves de Malabar Hill

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article très spécial, puisqu’il marque le début de mon année de Lectrice Charleston ! Vous le savez peut-être déjà si vous me suivez sur Instagram, j’ai eu la joie cette année d’être enfin sélectionnée par la maison d’édition pour faire partie de leur team de Lectrices. Cela signifie que tout au long de l’année 2020, j’aurai la chance de découvrir leurs romans en avant-première et d’entretenir un lien privilégié avec cette maison d’édition que j’affectionne depuis quelques années maintenant. Le premier manuscrit, qui inaugure cette année pas comme les autres, n’était autre que « Les Veuves de Malabar Hill », un beau roman historique en librairie dès aujourd’hui et que j’ai pour ma part eu la chance de dévorer au mois d’octobre. Et laissez-moi vous dire une chose : vous ne devez pas passer à côté de cette lecture, que j’ai adorée ! Critique.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture.

L’histoire

Années 1920, Inde.

Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d’avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l’enquête. En effet, les seules survivantes – et potentielles témoins du crime – sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s’est réellement passé à Malabar Hill…

Une enquête passionnante, qui nous plonge au coeur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu’y occupent les femmes.

Mon avis

J’ai tout simplement adoré ce beau roman historique, qui nous offre une plongée en plein coeur de l’Inde et de ses coutumes ! Nous sommes en 1921 et nous suivons Perveen, une femme ô combien attachante et courageuse pour qui j’ai ressenti beaucoup d’admiration. Elle n’est autre que la première femme avocate de Bombay et bien qu’elle n’ait pas encore le droit de plaider, elle se passionne pour son métier et est prête à tout pour aider ses clients. Oui mais voilà.. Alors qu’elle travaille sur une banale affaire de succession, un meurtre est commis et soudain, les choses se compliquent ! Dans une maison où les femmes sont séparées des hommes par le rituel de la « purdah »,  Perveen est la seule à pouvoir découvrir la vérité. Et nous voilà embarqués dans une enquête particulièrement addictive, riche en rebondissements et en fausses pistes…Je dois dire que j’ai énormément aimé le côté polar de ce livre (bien que celui-ci reste assez soft), je me suis prise au jeu avec plaisir et je me suis retrouvée à tenter de démêler le vrai du faux!

Cependant, si j’ai tant aimé cette histoire, ce n’est pas tant pour son suspense indéniable que pour le dépaysement qu’elle propose. Je me suis régalée à chaque page et j’ai savouré l’immersion totale dans une autre culture que ce roman nous propose ! Je ne connaissais rien de l’Inde, de sa multiculturalité, de son histoire ou de ses traditions, et j’ai pu combler mes lacunes grâce à ce livre ô combien instructif. L’auteure, Sujata Massey, nous offre une véritable reconstitution de l’Inde telle qu’elle était dans les années 1920 à travers ce livre riche en descriptions. Cette grande fresque historique se centre particulièrement sur les droits des femmes, dont elle nous dresse un état des lieux plutôt révoltant. « Les Veuves de Malabar Hill » est un roman féministe et engagé, qui met en lumière les nombreux travers d’une société encore très rétrograde. J’ai été révoltée par certaines « coutumes » ancestrales découvertes dans ce roman, et qui étaient encore d’actualité à cette époque pas si lointaine. Mais, même si « Les Veuves de Malabar Hill » est un roman qui dénonce certaines injustices, la culture indienne n’est jamais dépréciée pour autant. Au contraire, l’auteure nous en montre toute la beauté et la complexité.

Comme je l’ai déjà dit, « Les Veuves de Malabar Hill » est bien plus qu’une simple enquête. C’est simple, le meurtre ne survient qu’aux alentours de la page 200 ! Il y a en réalité deux histoires en une dans ce livre des plus enrichissants. L’intrigue est construite selon une alternance passé-présent, et de nombreux chapitres nous plongent dans le passé dramatique de Perveen, qui a dû affronter de nombreuses épreuves avant d’en arriver où elle est aujourd’hui. J’ai adhéré à cette « histoire dans l’histoire », qui n’a peut-être aucun lien avec l’enquête en cours, mais qui a le mérite de nous permettre de mieux comprendre la société indienne et surtout ce personnage, pour qui j’ai ressenti beaucoup d’empathie. Perveen est une héroïne forte, qui n’a pas peur de se battre pour ses convictions, et qui constitue un véritable exemple de résilience. Je serais ravie de la retrouver dans d’autres opus ! J’ai au demeurant aimé beaucoup d’autres personnages de ce roman : j’ai trouvé la famille de Perveen très attachante, mais j’ai aussi été touchée par le destin des veuves et amusée par l’impertinence de la jeune Anglaise Alice.

Vous l’aurez compris, ce roman est un sans-fautes pour moi. C’est simple, il m’a passionnée du début à la fin ! Mais je dois tout de même signaler qu’il s’agit d’une lecture relativement complexe. Ce roman n’est pas particulièrement facile à lire, surtout parce qu’il nous plonge dans une culture qui nous est en grande partie inconnue. De nombreux termes indiens sont insérés dans l’histoire et, même si un glossaire nous est fourni à la fin de l’ouvrage, j’ai mis un peu de temps à m’y retrouver. Il en va de même pour les personnages, que j’ai été amenée à confondre les uns avec les autres au début de ma lecture. Ce ne sont que des petits détails, qui ne gâchent en rien les qualités de cet excellent roman, mais je me devais tout de même de vous les signaler, pour que vous sachiez à quoi vous attendre. « Les Veuves de Malabar Hill » n’est pas exactement une lecture légère et divertissante, c’est au contraire un livre dense et instructif, et je pense qu’il faut le lire au bon moment pour l’apprécier à sa juste valeur. Car, croyez-moi, cette magnifique histoire, des plus enrichissantes, en vaut largement la peine.

Les Veuves de Malabar Hill, par Sujata Massey, aux éditions Charleston (2020), 22 euros 50.

Un commentaire sur “Les veuves de Malabar Hill

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  1. Ce roman a l’air passionnant ! L’autrice est indienne ? J’aime beaucoup les romans qui se passent en Inde et en particulier ceux qui s’intéressent à la société indienne et la place des femmes ! Merci pour la découverte ♥

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