La femme au manteau violet

Parmi tous les manuscrits que nous avons la chance de découvrir en avant première en tant que Lectrices Charleston 2020, il en est un que nous étions particulièrement heureuses de recevoir : le nouveau Clarisse Sabard ! Il faut dire que nous l’attendions toutes de pied ferme. Pour ma part, je n’ai pas encore lu tous les romans de l’auteure, mais ceux que j’ai déjà découverts ont été des lectures marquantes, qui m’ont toutes fait passer d’agréables moments, entre humour et émotion. C’est pourquoi je considère maintenant l’auteure comme une valeur sûre : personne ne traite la thématique du secret de famille aussi bien que Clarisse Sabard. Bien que ce thème se retrouve dans tous ses romans, l’auteure arrive à se renouveler à chaque livre, nous plongeant dans des époques historiques variées, sur les traces d’héroïnes différentes, mais toutes aussi attachantes les unes que les autres. Ce nouveau roman, « La femme au manteau violet », dont la couverture est tout simplement magnifique, ne fait pas exception à la règle ! J’ai eu un véritable coup de coeur pour cette histoire qui nous emmène dans le New York du début des années 20. Je vous invite à vous jeter sur ce roman qui sort aujourd’hui ! Critique.

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture.

L’histoire

2018. La vie de Jo vole en éclats suite à ce qui ne semblait être qu’un banal accident sans gravité ; pourtant, un scanner révèle qu’un anévrisme risque de se rompre à tout moment. Le neurologue lui laisse le choix : elle peut être opérée, mais les risques sont importants. Persuadée qu’elle va mourir, Jo se réfugie chez Victor, son grand-père. Ce dernier va lui montrer un pendentif qu’il a reçu d’Angleterre quelques années plus tôt, avec pour seule explication ce mot griffonné sur une feuille : « De la part de Charlotte, qui n’a jamais oublié Gabriel. Ce souvenir vous revient de droit. » Victor lui révèle que Gabriel était son frère aîné, décédé lorsqu’il était enfant. Jo décide de se rendre à Ilfracombe, dans le Devonshire, afin d’aider son grand-père à résoudre ce mystère, et surtout, de réfléchir à la décision qu’elle doit prendre…

1929. Charlotte et son mari, Émile, quittent leur vignoble d’Épernay pour un voyage d’affaires à New York. Sur place, la jeune femme s’éprend de Ryan, un mystérieux homme d’affaires. Lorsqu’il se rend compte de cette trahison, Émile entre dans une rage folle, la frappe et la laisse pour morte. À son réveil, Charlotte se rend compte que son mari est parti ; pire, il lui a pris tous ses papiers. Elle est effondrée : son fils de quatre mois, Gabriel, est resté en France, et sans papiers, elle ne peut pas le rejoindre…

Mon avis

Une fois encore, j’ai été embarquée dans l’univers de Clarisse Sabard ! Dans ce nouveau roman, nous partons à la rencontre de Jo, une jeune trentenaire attachante, dont l’existence se retrouve bouleversée lorsqu’elle apprend qu’elle risque la rupture d’anévrisme à tout moment. Paniquée par l’idée de sa mort prochaine, notre héroïne  prend la fuite et, poussée par son grand-père, l’adorable pépé Victor, se lance dans une quête sur les traces d’un secret de famille. Ses pas la mèneront en Angleterre, chez Doris,  une vieille dame qui entreprend de lui raconter le destin tourmenté de sa mère, Charlotte, que nous suivons dans le New York des années 30.

La partie historique m’a tout simplement captivée. L’auteure a effectué un travail de recherche considérable, et cela se ressent. Grâce à des descriptions très réalistes, nous sommes véritablement plongés en immersion dans le New York de l’époque. L’auteure arrive à nous retranscrire parfaitement l’ambiance qui régnait dans la métropole au temps de la Prohibition : l’atmosphère enfumée des speakeasies, l’émerveillement face à la construction de l’Empire State Building, l’avènement du cinéma parlant et de la musique jazz…J’ai eu l’impression d’y être ! Mais tout n’était pas tout rose dans le New York de cette époque.. L’auteure nous fait également rencontrer deux personnages secondaires extraordinaires, les Noirs Curtis et Norma et, à travers leur destin, nous découvrons le versant sombre du rêve américain. Au temps de la Grande Dépression, le meilleur côtoie le pire dans cette ville cosmopolite, pleine de promesses pour les immigrants de toutes nationalités, mais qui laisse les plus pauvres d’entre eux lutter pour survivre. New York est gangrenée par le crime organisé, le racisme et les inégalités y sont monnaie courante. Clarisse Sabard réalise un portrait contrasté, dont j’ai beaucoup apprécié le réalisme, de cette ville fascinante, qui constitue le cadre parfait pour l’histoire incroyable de Charlotte. Charlotte est une femme moderne, courageuse, indépendante, en avance sur son temps, une véritable héroïne que j’ai adoré suivre.

Comme Jo, j’ai été fascinée par cette héroïne du passé, qui constitue un véritable exemple de résilience. Cette femme a eu un destin incroyable et mouvementé, que Clarisse Sabard, avec un certain sens du suspense, nous fait partager petit à petit. Le lien entre Jo et Charlotte demeure un mystère jusqu’au dénouement, mais je dois bien dire que pour ma part, j’avais assemblé les pièces du puzzle assez rapidement. Cela n’a en rien gâché mon plaisir : cela ne m’a pas empêchée d’être très touchée par la façon dont les histoires de Jo et de Charlotte se répondent. Notre héroïne contemporaine va trouver la force de faire face à ses problèmes grâce à l’histoire inspirante de Charlotte qui, des décennies auparavant, a elle aussi dû affronter bien des épreuves. Nos deux héroïnes n’ont a priori rien en commun, et pourtant, elles partagent une même force de caractère, une même générosité envers ceux qu’elles aiment. Clarisse Sabard possède un véritable don pour les portraits de femmes, si bien que je me suis attachée à chacune de ces héroïnes fortes, avec une petite préférence pour Charlotte, dont l’histoire personnelle rencontre l’histoire avec un grand H.

De ce roman, je retiendrai surtout la partie de l’histoire qui se déroule dans le passé, tant j’ai été happée par l’incroyable portrait d’une époque dressé par Clarisse Sabard. Cependant, la partie contemporaine m’a elle aussi charmée ! Il règne une atmosphère pleine de bienveillance dans « La femme au manteau violet », comme dans tous les romans de Clarisse Sabard. Dans le présent, Jo va faire de jolies rencontres, et à ses côtés, nous découvrons des personnages tous plus attachants et touchants les uns que les autres. Je me suis sentie bien à leurs côtés, j’ai eu envie d’intégrer la famille de coeur qu’ils forment. J’ai beaucoup aimé les passages se déroulant en Angleterre, dans le petit village champêtre d’Ilfracombe. L’ambiance y est particulièrement chaleureuse, comme dans un livre de Jenny Colgan. Ce qui fait le charme des romans de Clarisse Sabard, c’est indéniablement la  touche feel-good que l’on y retrouve toujours, et « La femme au manteau violet » ne fait pas exception. Malgré la gravité des sujets abordés et la dureté de certains passages, on ressort de ce roman le coeur réjoui et le sourire aux lèvres. Le moment où je serai déçue par un roman de Clarisse Sabard n’est pas encore arrivé, puisqu’une fois encore, j’ai eu un véritable coup de coeur pour cette belle histoire. Je vous invite chaleureusement à la découvrir à votre tour ! Émotions garanties.

De la même auteure, j’ai aussi lu et chroniqué :

La femme au manteau violet, par Clarisse Sabard, aux éditions Charleston (2020), 19 euros.

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